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Gabon : un an de pouvoir, mille raisons d’espérer encore

Il existe des dates qui ne ressemblent à aucune autre. Des dates qui marquent un avant et un après dans la vie d’un peuple. Le 12 avril 2025 est incontestablement l’une d’elles. Il y a exactement un an, dans un élan collectif rare et sincère, les Gabonaises et les Gabonais se rendaient aux urnes pour la première fois depuis le basculement historique du 30 août 2023, qui avait mis fin au règne d’Ali Bongo Ondimba et ouvert une page inédite dans l’histoire politique du pays. Ce scrutin n’a pas seulement soldé une transition. Il a été le miroir d’une aspiration profonde, celle d’un peuple qui, las de subir, avait décidé de reprendre en main son propre destin.

Un vote du peuple, un mandat de confiance

Le souvenir du 12 avril 2025 est encore vivace dans les mémoires. Ce jour-là, dans les quartiers, les marchés et les villages du pays, quelque chose d’extraordinaire s’était produit. Les Gabonais avaient voté avec leurs tripes autant qu’avec leur raison. Les slogans « C’BON » et « le 12 c’est le 12 » avaient envahi les rues comme une vague irrésistible, portée par une population qui refusait, une fois pour toutes, d’être simple spectatrice de son propre avenir.

Ce jour-là, les Gabonais n’avaient pas seulement choisi un homme. Ils avaient choisi une direction, une rupture, une espérance. Et c’est Brice Clotaire Oligui Nguema qu’ils avaient mandaté pour incarner ce tournant historique. Un mandat clair, lourd de sens et chargé d’attentes légitimes : restaurer la confiance entre l’État et les citoyens, rétablir l’autorité de la République, améliorer le quotidien des populations et relancer des politiques publiques au service de tous et non de quelques-uns.

Des réformes engagées, un État en mutation

Depuis un an, le gouvernement a engagé des réformes administratives dont les contours commencent à se dessiner. Rationalisation des structures de l’État, suppression des doublons administratifs, dématérialisation progressive des services publics, réorganisation de certains départements ministériels : autant de chantiers qui traduisent une volonté réelle de moderniser un appareil d’État longtemps alourdi par des décennies de mauvaise gestion.

Ces réformes, personne ne le nie, ne produisent pas leurs effets du jour au lendemain. Elles bousculent des habitudes solidement ancrées, redistribuent les rôles et imposent à chaque acteur de l’administration un effort d’adaptation qui n’est pas toujours confortable. Mais elles sont indispensables. Car sans un État fort, efficace et transparent, aucun projet de société ne peut durablement tenir.

La rigueur budgétaire, un choix courageux

Face à un héritage financier particulièrement lourd, le gouvernement a fait le choix difficile mais nécessaire de la rigueur budgétaire. Désormais, chaque dépense publique doit être justifiée, traçable et orientée vers l’intérêt général. Une discipline qui rompt clairement avec les pratiques d’une époque révolue où les deniers publics étaient trop souvent détournés de leur vocation première.

Cette rigueur a un prix. Elle suppose des arbitrages douloureux, des renoncements et une hiérarchisation des priorités. Elle demande aussi aux populations de comprendre que l’argent public n’est pas inépuisable et que sa gestion rigoureuse est, à terme, la meilleure garantie pour financer les infrastructures et les services dont le pays a besoin.Un an, c’est peu. Trop peu pour tout changer.

C’est sans doute là que réside le malentendu le plus répandu. Dans les foyers, sur les marchés et sur les réseaux sociaux, une impatience légitime se fait entendre. Des voix s’élèvent, des frustrations s’expriment, des questions se posent. Et c’est bien normal. Mais il faut le dire avec franchise, sans détour et sans condescendance : on ne reconstruit pas en douze mois ce que des décennies ont défait.

Des années de pillage systématique, de négligence institutionnelle et d’injustices accumulées ne s’effacent pas par décret. La transformation d’un pays est un chantier de longue haleine, qui réclame du temps, de la méthode, de la constance et, de la part de tous, une patience qui n’est pas de la résignation mais de la lucidité.

Changer les lois ne suffit pas. Il faut changer les mentalités.

C’est peut-être le défi le plus ardu de tous. Car les réformes institutionnelles, aussi bien conçues soient-elles, resteront lettre morte si elles ne s’accompagnent pas d’une transformation profonde des comportements. Trop longtemps, une culture du raccourci, de l’impunité et de l’assistanat a gangrené le corps social gabonais. Trop longtemps, certains ont attendu de l’État ce qu’ils refusaient d’exiger d’eux-mêmes.

Le Gabon nouveau ne peut se construire sur ces bases-là. Il appelle chaque citoyen à une exigence nouvelle : respecter les biens publics, payer ses impôts, refuser la corruption, privilégier l’intérêt collectif sur les calculs individuels. Ce changement de mentalité n’est pas une option. C’est une condition sine qua non de la réussite de cette refondation nationale.

La citoyenneté, ça se pratique au quotidien

La citoyenneté n’est pas un grand mot réservé aux discours officiels. Elle se vit dans les actes les plus ordinaires. Et sur ce point, le secteur de l’énergie offre un exemple particulièrement éloquent. Malgré les difficultés structurelles connues de la SEEG, dont les installations vétustes n’ont pas été réhabilitées depuis plus de deux décennies, des milliers de concitoyens continuent de s’approvisionner illicitement en eau et en électricité, dégradant davantage des infrastructures déjà à bout de souffle.

La logique est simple mais implacable : on ne peut pas, d’un côté, exiger un meilleur service et, de l’autre, contribuer activement à détruire les équipements qui permettent de le fournir. La modernisation de ces infrastructures prend du temps, exige des ressources et réclame une coopération citoyenne que l’État est en droit d’attendre.

Les réseaux sociaux : un espace de liberté, pas d’impunité

L’essor des réseaux sociaux a offert aux Gabonais un espace d’expression inédit, une tribune ouverte à tous, sans filtre ni censure. C’est une conquête démocratique précieuse qu’il faut protéger. Mais cet espace, lorsqu’il est mal utilisé, peut se transformer en machine à désinformer, à diviser et à décourager.

Chaque jour, des rumeurs infondées, des montages grossiers et des informations délibérément tronquées circulent à grande vitesse, alimentant un climat de méfiance généralisée et sapant les efforts de ceux qui, sincèrement, œuvrent pour le changement. Utiliser les réseaux sociaux de façon responsable, c’est vérifier avant de partager, distinguer l’opinion du fait, et mesurer l’impact de ses publications sur la cohésion d’un pays en pleine reconstruction. Dans un tel contexte, les mots ne sont jamais anodins.

Le 3 mai, un rendez-vous attendu

La dynamique engagée depuis un an trouvera un prolongement symbolique fort le 3 mai prochain, date du premier anniversaire de la prestation de serment du chef de l’État. Ce moment sera, pour beaucoup, l’occasion de dresser un premier bilan, de mesurer l’écart entre les promesses et les réalisations, et d’entendre les grandes orientations pour la suite. Une étape importante dans la consolidation d’une légitimité qui se construit, pas à pas, dans l’action et dans la durée.

La critique, un droit. La vérité, un devoir.

Dans toute démocratie digne de ce nom, la liberté de critiquer n’est pas seulement un droit. C’est une nécessité vitale. Les Gabonais ont le droit, et même le devoir civique, de donner leur avis, d’interpeller leurs dirigeants, de pointer les manquements et d’exiger des comptes. C’est le propre d’une société civile vivante, d’un peuple conscient de sa force et jaloux de sa liberté.

Une critique honnête, ancrée dans les faits et formulée avec rigueur, est une force. Elle oblige les gouvernants à se remettre en question, à corriger le tir et à se dépasser. Elle est le meilleur rempart contre l’arrogance du pouvoir et le meilleur aiguillon de l’action publique.

Mais une critique fondée sur le mensonge, la manipulation ou la mauvaise foi ne sert ni le peuple ni le pays. Elle fracture, elle décourage et elle fragilise un édifice que chacun devrait, au contraire, s’employer à renforcer.

Alors, oui, donnez votre avis. Critiquez si nécessaire. Exigez des résultats. C’est votre droit le plus absolu. Mais restez ancrés dans la réalité des faits. Car c’est sur la vérité, et sur elle seule, que se bâtit un avenir digne de ce nom. Et le Gabon, lui, mérite mieux que les approximations et les mensonges.

https://www.union.sonapresse.com/fr/port-gentil-oligui-nguema-la-rencontre-des-populations-ce-12-avril

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