Le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui a présidé ce vendredi un Conseil des Ministres dense, marquant le premier bilan des 100 jours de l’action gouvernementale et actant une série de réformes structurantes.
De la loi de finances rectificative aux nouvelles régulations minières, en passant par une diplomatie africaine réactivée, le Président imprime sa marque à chaque étage de l’État. Le plafonnement des rémunérations des dirigeants d’établissements publics, la lutte contre l’enrichissement illicite renforcée, la réforme du Système Statistique National : autant de signaux d’un État qui s’ausculte et choisit d’opérer sa propre cure.
La directive de formaliser rapidement les initiatives en matière de logement social et de PME traduit une impatience productive : le Président ne se satisfait pas des annonces. Il veut des textes, des délais, des responsables désignés. C’est la grammaire d’un chef de gouvernement qui a compris que la réforme se perd dans les tiroirs si elle n’est pas encadrée institutionnellement. La dimension anti-corruption mérite attention particulière. La modification de la loi sur l’enrichissement illicite, avec des délais de déclaration de biens raccourcis et des sanctions renforcées, installe une culture de redevabilité qui rompt avec les pratiques antérieures.
Les instructions budgétaires du chef de l’État révèlent une vision économique cohérente : attirer l’investissement sans brader les recettes publiques. La demande d’une revue des Zones Industrielles Spéciales pour s’assurer qu’elles « profitent effectivement à l’économie nationale » est une formule qui mérite d’être notée : elle indique que le Président refuse d’avaliser des niches fiscales au bénéfice de quelques acteurs économiques sans contrepartie nationale.
La digitalisation du processus de collecte fiscale et l’unicité des interlocuteurs pour les opérateurs économiques sont des mesures de simplification administrative qui peuvent, si elles sont menées à bien, transformer significativement le climat des affaires gabonais, sans nécessiter un centime de dépense supplémentaire. La note d’or de ce Conseil : la production d’or double, à 800 kg. Un symbole autant qu’une donnée économique.
Au-delà des grands dossiers économiques, ce Conseil des Ministres recèle des décisions qui dessinent la physionomie culturelle et environnementale du Gabon de demain. La création de l’Institut National des Archives, de la Bibliothèque et de la Documentation (INABD) est un acte fondateur : un pays qui se dote d’une institution de mémoire nationale affirme qu’il entend écrire son histoire, pas seulement la subir. Le décret sur la zone tampon du Parc National d’Akanda illustre la volonté de concilier développement urbain et préservation écologique, une tension que peu de pays africains résolvent avec autant de précision réglementaire.
Enfin, la fusion tourisme-artisanat et les décrets sur les associations sportives signalent un gouvernement qui ne néglige aucun pan de l’identité nationale. La culture, le sport, le patrimoine : ce sont les ciments d’une cohésion sociale que nul budget ne peut acheter directement.



