Dans un discours volontairement tranchant, le président gabonais a annoncé, ce 20 mai, une réforme structurelle du système de prélèvements parafiscaux, trente-huit taxes, douze autorités sans coordination, des dizaines de milliards prélevés sans traçabilité.
Face aux directeurs généraux des administrations publiques réunis à Libreville ce mardi, le général Brice Clotaire Oligui Nguema a prononcé des mots inhabituels dans la bouche d’un chef d’État gabonais. Certains prélèvements n’ayant aucune base légale, il les a qualifiés sans détour de « racket institutionnel ». Le diagnostic est implacable : chaque année, des dizaines de milliards sont prélevés sur les opérateurs économiques, dont une infime part arrive au Trésor Public. Sans contrôle, sans traçabilité, sans redevabilité.
« Ce n’est pas de l’administration. C’est de l’opacité. Nous devons y mettre fin. », Brice Clotaire Oligui Nguema, 20 mai 2026

La réforme annoncée repose sur quatre exigences : transparence totale (toute taxe doit figurer dans la loi de finances), centralisation des recettes au seul Trésor Public, suppression des doublons administratifs, et création d’un service unique de coordination intégrant les 1 166 agents assermentés aujourd’hui dispersés. « Une seule mission, un seul organisme, un seul certificat, un seul contrôle », a résumé le chef de l’État, précisant qu’aucun emploi ne serait supprimé.
Ce qui distingue ce discours, c’est la forme de son engagement. Oligui Nguema a fixé deux échéances publiques et vérifiables : dans douze mois, un bilan chiffré des recettes effectivement rentrées dans les caisses de l’État ; dans vingt-quatre mois, un opérateur économique à Libreville, Port-Gentil ou Oyem ne fera face qu’à un seul interlocuteur et une seule quittance. En mettant sa parole en gage aussi explicitement, il rend la réforme difficile à différer discrètement, exercice auquel ses prédécesseurs s’étaient pourtant montrés experts.



