Brazzaville : Le Gabon plaide pour un financement mondial du Bassin du Congo

Lors des Assemblées annuelles de la BAD, le Président OLIGUI NGUEMA appelle à transformer les engagements climatiques en investissements concrets

En marge des 61èmes Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), le Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA a défendu, mardi, une vision ambitieuse de financement du Bassin du Congo. Intervenant devant les principaux bailleurs de fonds internationaux, le chef de l’État gabonais a plaidé pour que la communauté mondiale reconnaisse enfin l’exceptionnelle contribution de cette région à l’équilibre climatique planétaire et la finance en conséquence.

« L’Afrique ne peut plus porter seule le coût de la conservation », a affirmé le Président, posant une question centrale aux décideurs réunis : « Sommes-nous prêts à investir à la hauteur de ce que le Bassin du Congo apporte au monde ? »

Un enjeu de justice climatique et économique

Réuni à Brazzaville sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », le sommet de la BAD cristallise les tensions entre ambitions climatiques et nécessités économiques du continent africain. Le Bassin du Congo, deuxième forêt tropicale mondiale, incarne ce paradoxe : indispensable à la régulation climatique planétaire, il reste largement financé par les seuls États qui le gèrent.

Le Président gabonais a dénoncé une asymétrie devenue intenable. Pendant des années, observe-t-il, l’Afrique s’est vu demander de « préserver davantage tout en se développant moins ». Cette équation, a-t-il martelé, n’est plus soutenable.

Le Fonds Bleu : de la rhétorique à l’action

Au cœur de la mobilisation : le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, présenté non comme un mécanisme de compensation environnementale, mais comme un véritable instrument de transformation économique. Le Président a insisté sur cette distinction décisive : il ne s’agit pas d’aide, mais de partenariat reposant sur la confiance mutuelle et la création de valeur. « L’histoire retiendra moins ce que nous aurons déclaré que ce que nous aurons financé », a lancé le chef de l’État, appelant implicitement à passer du temps des promesses au temps des réalisations concrètes.

Le Gabon en avant-garde

Le Gabon, doté de plus de 88 % de couverture forestière, positionne son engagement environnemental au cœur de sa stratégie de développement. Quatre projets prioritaires ont été identifiés pour le Fonds Bleu : gestion durable des conflits Homme-Faune, restauration des mangroves, valorisation des produits forestiers et allocation durable des terres et ressources en eau. Ces initiatives s’inscrivent dans le Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030, visant à transformer le modèle économique national vers une économie plus diversifiée, résiliente et inclusive. Le Gabon opère ainsi sa transition : sortir progressivement du modèle extractif traditionnel pour bâtir une économie verte créatrice d’emplois. Une ambition continentale.

La participation personnelle du Président OLIGUI NGUEMA aux travaux stratégiques de la BAD signale l’importance que le Gabon accorde à ces enjeux. Au-delà des discours convenus sur le développement durable, c’est une vision novatrice du développement africain que porte Brazzaville : un continent qui finance lui-même sa transformation, qui valorise ses ressources naturelles comme leviers de prospérité, et qui exige de ses partenaires internationaux des investissements à la mesure des services qu’il rend au monde.

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