Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa verrouille son mandat

Au Zimbabwe, le Sénat a validé mercredi 24 juin une révision constitutionnelle majeure portant la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans. Adopté à une large majorité de 75 voix contre 4, le texte marque un tournant institutionnel qui consolide durablement la position du chef de l’État Emmerson Mnangagwa, déjà engagé dans un second mandat.

Derrière ce vote massif, la majorité au pouvoir a su combler son déficit numérique grâce au soutien de chefs traditionnels, de représentants de personnes en situation de handicap, mais surtout à des fractures profondes au sein de l’opposition. Une partie de la Coalition des citoyens pour le changement, sous l’influence de Sengezo Tshabangu, a également contribué à faire basculer le scrutin, après une série de remaniements internes contestés et d’évictions d’élus.

Au-delà de l’allongement du mandat, la réforme introduit un changement majeur : l’élection du président ne se ferait plus au suffrage universel direct, mais par le Parlement. Une évolution dénoncée par ses opposants comme une concentration accrue du pouvoir exécutif, tandis que les partisans du régime y voient un levier de stabilité pour permettre à Mnangagwa, 83 ans, de finaliser son agenda politique.

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