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Gabon : le Chef de l’État déclare la guerre à l’immobilisme

À la veille du premier anniversaire de sa prestation de serment, le Président de la République a présidé un Conseil des ministres marquant un tournant décisif dans la conduite de l’action gouvernementale. Dans une allocution solennelle et sans concession, le Chef de l’État a dressé un bilan lucide de l’An 1 de gouvernance, tout en traçant une feuille de route ambitieuse et exigeante pour l’An 2.

Un an de refondation : des acquis réels, des chantiers inachevés

Le dimanche 3 mai 2026 marquera le premier anniversaire de la prestation de serment du Président de la République Gabonaise, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, intervenue le 3 mai 2025. Le Chef de l’État a voulu faire de cette échéance symbolique une occasion de bilan autant qu’un appel à l’exigence.

Sur le fond, le Président a reconnu que l’An 1 s’est imposé comme une phase de refondation structurante, articulée autour d’une double ambition : restaurer la légitimité institutionnelle de l’État gabonais et amorcer une reconquête de la souveraineté économique. Parmi les avancées enregistrées, il a cité la reconstitution de l’architecture institutionnelle, la restauration de la crédibilité internationale du Gabon, l’enclenchement d’une dynamique de souveraineté économique, ainsi que la rupture avec l’impunité à travers la réhabilitation progressive de la justice.

Mais le Chef de l’État n’a pas esquivé les limites de ce premier exercice. Il a relevé avec franchise que les équilibres institutionnels demeurent fragiles, que les réformes administratives restent partielles, que la soutenabilité budgétaire est fragilisée par un endettement élevé, et que, surtout, l’impact social reste insuffisant : l’emploi, le pouvoir d’achat et les conditions de vie des Gabonais n’ont pas encore connu d’amélioration tangible. Un constat sans complaisance, qui trace la ligne directrice de l’année à venir.

L’An 2 : de la refondation à la preuve

C’est sur cette base que le Président de la République a annoncé la nouvelle boussole du Gouvernement : l’An 2 sera celui du passage de la refondation à la preuve. Le critère d’évaluation ne sera plus la rupture avec le passé, mais l’impact concret sur le quotidien des Gabonais. Performance publique mesurable, redevabilité systémique, amélioration des services de base et accélération d’une diversification économique réelle : tels sont les axes prioritaires que le Chef de l’État a fixés à son Gouvernement.

Forum international de Libreville : un signal fort pour l’investissement

Sur le plan économique, le Président a réaffirmé la nécessité pour le Gabon de devenir plus offensif, plus lisible et plus attractif pour l’investissement privé, aussi bien national qu’étranger. Il a présenté le Forum international de Libreville, dont le lancement est prévu le 3 mai 2026, comme une plateforme à double vocation : d’une part, la renaissance du Palais des Congrès à la Cité de la Démocratie (dont l’inauguration rendra hommage à feu le Président Omar Bongo Ondimba) et, d’autre part, la relance de la destination Gabon, tant pour l’investissement que pour le tourisme d’affaires et de congrès.

Le Chef de l’État a cependant prévenu qu’un forum ne peut suffire. Il a instruit le Gouvernement de relancer sans délai le Haut Conseil de l’Investissement, afin que les réformes d’amélioration du climat des affaires s’inscrivent dans une démarche permanente et structurée, et non dans une logique événementielle.

Tolérance zéro contre les comportements déviants

Dans un passage particulièrement ferme de son allocution, le Chef de l’État a exhorté les membres du Gouvernement à lutter avec la plus grande rigueur contre toutes les formes de comportements déviants au sein de leurs administrations : inertie administrative, corruption, concussion, ou exigence de contreparties illicites.

Le Président de la République a été sans ambiguïté : il n’admettra aucune complaisance, ni de la part des agents de l’État, ni de la part des ministres eux-mêmes. Il a solennellement rappelé que la responsabilité ministérielle est pleine et entière, et que tout ministre qui viendrait à couvrir des comportements contraires à l’éthique publique, à s’y associer directement ou indirectement, ou à ne pas produire les résultats attendus, s’exposera sans délai à un remaniement. Le Chef de l’État a conclu sur ce point en réaffirmant qu’il n’accordera sa confiance qu’aux membres du Gouvernement qui lui donnent satisfaction par leurs actes, leurs résultats et leur exemplarité.

Une administration à redynamiser de fond en comble

Évoquant la transformation de l’appareil d’État, le Président a constaté que l’administration gabonaise demeure insuffisamment orientée vers les résultats et n’accompagne pas avec la vigueur requise le mouvement de réforme engagé par le Gouvernement. Il a instruit les ministres d’engager une redynamisation à deux niveaux, en droite ligne avec les orientations du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD).

Pour l’administration centrale, le Chef de l’État a rappelé que chaque responsable (Secrétaire général, Directeur général, Directeur ou Chef de service) doit disposer d’une feuille de route claire, assortie d’objectifs précis et mesurables, et être régulièrement évalué sur ses résultats. Il a réaffirmé un principe fondateur : la nomination est une responsabilité, non une récompense, et le maintien en poste doit être motivé par la seule performance. Il a également exigé qu’il soit mis un terme définitif au maintien de responsables au-delà des durées légales et à la vacance prolongée des postes de direction.

Pour le secteur parapublic, le Président a reconnu que les établissements publics, sociétés d’État et sociétés d’économie mixte, instruments essentiels d’exécution des politiques publiques, fonctionnent souvent en deçà de leur mission, en raison d’une gouvernance défaillante et d’une dépendance excessive aux transferts budgétaires. Il a instruit le Vice-Président du Gouvernement de conclure avec l’ensemble de ces entités des contrats pluriannuels de performance, fixant des objectifs stratégiques, des engagements de moyens et des indicateurs de résultats, lesquels devront être transmis au Secrétariat général de la Présidence de la République et au Contrôle général d’État pour suivi régulier.

Le Chef de l’État a par ailleurs affirmé que les fonctions ministérielles sont incompatibles avec la présidence d’un conseil d’administration d’un établissement public, d’une société d’État ou d’une société d’économie mixte, et a exigé une mise en conformité immédiate et sans exception. Il a également demandé qu’il soit mis fin aux conflits récurrents de compétences entre présidents de conseil d’administration et directeurs généraux, rappelant que la frontière entre délibération et gestion opérationnelle doit être scrupuleusement respectée.

Un mandat de transformation : pas de paroles, des actes

Pour conclure, le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, a rappelé avec force que le Gouvernement a été mandaté pour transformer l’économie, l’administration et le quotidien des Gabonais. Cette transformation exige engagement, discipline, audace et résultats, non en paroles, mais dans les faits.

Un message d’une clarté absolue, à la veille d’une année qui s’annonce comme celle de tous les défis. https://presidence.ga/conseils-des-ministres/

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