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Ces trois vérités qui ont conduit Bilie-By-Nze en prison

Interpellé le 15 avril dernier, l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze a été placé sous mandat de dépôt ce 16 avril. Loin d’être une machination d’État, l’affaire estl’aboutissement de trois réalités beaucoup plus simples, et pour cela bien plus accablantes, indépendamment de toute lecture politique.

Une reconnaissance de dette passée aux oubliettes

Cette affaire est le résultat de 18 ans d’attente pour 5 millions FCFA, pour une femme seule face à un ancien Premier ministre déchu. Et le dossier, ne débute pas dans un bureau de la présidence, mais dans l’intimité d’une relation personnelle. Cette citoyenne, telle que qualifiée par la déclaration du Procureur général hier, confie cinq millions de francs CFA à celui qui n’est alors qu’un proche. En 2012 et 2013, l’intéressé effectue des remboursements partiels. Ces versements ne sont pas anodins : en droit gabonais, un paiement partiel interrompt la prescription et vaut reconnaissance expresse de l’obligation. Autrement dit, M. Bilie-By-Nze a lui-même validé le principe de la dette. Puis, subitement, les versements cessent. Une créance admise, puis abandonnée, un premier acte de négligence, laissant la plaignante face à un mur de silence.

Neuf années d’esquive judiciaire

Le feuilleton ne s’est pas produit en 2026, et la justice ne s’est pas réveillée brutalement. Depuis 2017, les premières convocations sont adressées à l’ancien ministre d’Ali Bongo. Pour preuve, les courriers s’empilent sans jamais recevoir de réponse et dans cette longue attente, aucune contestation formelle, aucun arrangement amiable, Rien. Ces longues années d’attente et de relance ont nourri le mépris du temps judiciaire, transformant ce qui aurait pu être un simple litige civil en un dossier pénal. Deuxième vérité de ce feuilleton : le mépris du temps judiciaire.

Le décalage insoutenable entre la fonction et la conduite

M. Bilie-By-Nze a occupé les plus hautes fonctions de l’État. Il a géré des ministères, piloté des politiques publiques, engagé la signature de la République jusqu’au coup de libérationdu 30 août 2023. Et pourtant, face à une obligation privée modeste, il s’est montré incapable d’aller au bout de son engagement. La question qui brûle les lèvres n’est pas juridique et unipersonnelle, elle est d’ordre morale et une question simple : peut-on sérieusement confier la gestion des affaires publiques à un homme qui ne règle pas ses dettes personnelles ou qui les ignore simplement ? Ce décalage avec les faits, permet de disqualifier le discours victimaire. Ce n’est pas le politique que l’on juge aujourd’hui, encore moins des procédures qui ont été éprouvé, mais de la fiabilité de l’homme.

Dans le fond, l’incarcération d’Alain-Claude Bilie-By-Nze est moins une affaire d’État qu’une affaire de caractère. Cinq millions de francs CFA et dix-huit ans de silence : trois ingrédients simples qui, combinés, ont eu raison de la stature d’un ancien Premier ministre. La justice, en l’espèce, n’a fait que constater ce que le comportement de l’intéressé avait lui-même patiemment construit.

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