À Essassa, dans la commune de Ntoum, l’opération de régularisation foncière alimente de nombreuses discussions. Entre inquiétudes des habitants et circulation d’informations parfois imprécises, un retour aux données officielles permet de mieux cerner les enjeux de cette mesure.
Une opération encadrée et limitée dans le temps

Lancée officiellement le 28 janvier 2026 par le ministre du Logement, Mays Mouissi, cette initiative s’inscrit dans une volonté politique impulsée au plus haut niveau de l’État, sous l’autorité du Président Brice Clotaire Oligui Nguema. L’objectif est clair : régulariser la situation des occupants installés sur des terrains relevant de la Société Nationale Immobilière (SNI). Mais attention, cette opération n’est pas permanente. Elle se déroule sur une période bien définie, du 1er février au 31 mai 2026. Passé ce délai, les conditions classiques reprendront.
Qui peut en bénéficier et à quelles conditions ?

Contrairement à certaines rumeurs, la régularisation ne concerne pas tous les terrains. Elle s’adresse uniquement aux personnes occupant des parcelles déjà construites, que les habitations soient terminées ou en cours de finition. Les terrains vides, les simples délimitations ou les fondations sans construction sont exclus. Plusieurs zones du Grand Libreville sont concernées, notamment : Mangouba, Bikélé, Essassa, Nkok, Nomba Domaine et Owendo, pour un total estimé à plus de 5 100 familles. Pour être éligible, il faut : être de nationalité gabonaise, disposer d’une construction sur la parcelle, ne pas être en conflit foncier être situé en zone constructible.
Coûts, démarches et alternatives pour les autres citoyens

L’un des points majeurs de cette mesure reste son coût, volontairement réduit : 600 000 FCFA pour une parcelle jusqu’à 2 000 m² 1 200 000 FCFA jusqu’à 4 999 m². Au-delà de cette superficie, la régularisation ne s’applique pas. Les démarches peuvent être effectuées à Malibé, Essassa ou au siège de la SNI à Libreville, avec des horaires étendus en semaine. Concernant les terrains nus, ils ne sont pas inclus dans cette opération. Toutefois, une solution alternative existe : la mise en vente de parcelles viabilisées à 5 500 FCFA/m², avec délivrance directe d’un titre foncier.
En somme cette régularisation foncière se veut ciblée : elle vise principalement les personnes ayant déjà construit, en leur offrant une opportunité d’accès légal à la propriété à un coût accessible et dans un délai limité. Elle s’accompagne parallèlement d’autres dispositifs pour les citoyens souhaitant acquérir des terrains aménagés, traduisant une volonté globale d’organiser et de sécuriser le foncier urbain.




