UDB : Mays Mouissi dupé en pleine investiture à Port-Gentil

Un an après sa création, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) est confrontée à une polémique qui interroge sa capacité à rompre avec les méthodes politiques qu’elle s’était engagée à dépasser. Le 27 juin 2026, à la place de la Concorde de Port-Gentil, la cérémonie d’installation de la délégation provinciale de l’Ogooué-Maritime a été marquée par une confusion inattendue, transformant un moment de célébration en épisode embarrassant pour la direction du parti.

Selon les faits rapportés par L’Union et Gabon Review, Lucie Daker Akendengué, officiellement désignée pour occuper la fonction de déléguée provinciale, s’apprêtait à être investie lorsqu’une tentative de dernière minute a visé à installer Marie-Stéphanie Inguiessi à sa place. Présentée comme le choix du secrétariat exécutif, cette initiative aurait conduit le secrétaire général de l’UDB, Mays Mouissi, à agir sur la base d’informations qui n’auraient pas été validées selon les procédures internes. La démarche a toutefois été rejetée par les militants présents, tout comme une seconde tentative menée par la vice-présidente Laurence Ndong.

L’incident n’a finalement été désamorcé que grâce à l’intervention de Régis Onanga Ndiaye, responsable politique de la formation dans la province. Il est parvenu à calmer une assistance visiblement surprise par ce revirement de situation. Au-delà de l’épisode lui-même, cette séquence a mis en lumière des tensions internes et des luttes d’influence susceptibles d’affecter la cohésion d’un parti encore en phase de structuration.

Cette affaire relance également le débat sur les rivalités identitaires qui continuent de traverser la vie politique dans l’Ogooué-Maritime. Depuis plusieurs années, la question de l’autochtonie ressurgit régulièrement lors des désignations. En novembre 2025, des contestations avaient accompagné la candidature de Léon Nze Ababe au Sénat, certains acteurs plaidant pour une préférence accordée à un candidat présenté comme originaire de la province. Malgré ces oppositions, il avait finalement été élu avec une très large majorité des suffrages, soit 92 % des voix.

Pour de nombreux observateurs, ces tensions apparaissent en contradiction avec l’identité même de la capitale économique du pays, ville cosmopolite façonnée par des générations de Gabonais venus de tous les coins du pays. Le retour de considérations communautaires dans les choix politiques alimente ainsi les inquiétudes sur une résurgence des logiques de partage des responsabilités selon les appartenances ethniques, longtemps associées aux pratiques du parti unique, le PDG.

Au-delà de ce cas, cet épisode soulève une interrogation plus large sur la gouvernance au sein de l’UDB. Les critiques portent autant sur les supposées manœuvres d’appareil que sur le risque de voir s’installer des actes de favoritisme ou des décisions prises en dehors des procédures établies. Les analystes pensent que la multiplication de telles situations pourrait fragiliser la confiance des partisans et favoriser l’émergence de candidatures dissidentes lors des prochaines échéances électorales.

À la célébration de son premier anniversaire, l’UDB se retrouve ainsi confrontée à un défi majeur : préserver les principes de transparence, de mérite et d’unité qu’elle affiche depuis sa création. Pour ses dirigeants, l’enjeu dépasse désormais la gestion d’un incident local. Il s’agit de convaincre que le parti est capable d’incarner une gouvernance différente et d’éviter que les pratiques ayant marqué l’histoire politique  du Gabon au fil des années ne trouvent un nouvel écho.

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