À New York, lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Gabon a défendu une vision claire : celle d’un ordre international repensé, plus équitable, où le continent africain pèserait enfin à la hauteur de son poids. Porte-parole du président Brice Clotaire Oligui Nguema, la ministre des Affaires étrangères, Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny, a présenté la position de son pays devant les délégations du monde entier.
La Charte comme boussole
Dans un contexte mondial marqué par les tensions, la cheffe de la diplomatie gabonaise a invité les États membres à revenir aux fondamentaux : respecter la Charte des Nations unies, la souveraineté des nations et le principe de non-ingérence. Elle a décrit un monde confronté à des crises qui s’entremêlent, qu’elles soient militaires, environnementales ou humanitaires, et a estimé que la solidarité reste la seule réponse durable.
Sur le terrain sécuritaire, Libreville s’est félicité de la résolution 2797 sur le Sahara occidental. Le Gabon a aussi insisté sur la nécessité de sécuriser le Golfe de Guinée, voie maritime majeure pour les échanges mondiaux, et demandé l’application de la résolution 2719, qui doit garantir un financement stable aux missions de paix conduites par l’Afrique.
Économie et climat : des attentes concrètes
Côté économie, le pays entend nouer des partenariats tournés vers l’industrialisation, avec une transformation sur place de ses matières premières, conformément au Plan national de croissance et de développement 2026-2030.
Sur le climat, le Gabon, qui abrite une immense couverture forestière, a réclamé une contrepartie tangible à son rôle dans l’équilibre climatique de la planète. Il souhaite des mécanismes de financement justes, prévisibles et pérennes, proportionnés aux efforts consentis.
La ministre a également alerté sur les risques du numérique : cybercriminalité, désinformation et atteintes à la vie privée prospèrent, selon elle, faute d’un cadre international contraignant.
L’Afrique, grande absente des centres de décision
Le Gabon a enfin salué l’adoption de la résolution 80/250, qui reconnaît la traite des esclaves africains comme un crime contre l’humanité. Il a conclu en jugeant que la légitimité des instances onusiennes restera incomplète tant que l’Afrique n’y aura pas la place qui lui revient. Son intervention s’est achevée par un message de solidarité adressé à Cuba.


