Un an après son investiture à la tête de la Ve République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema a livré, ce 15 juin 2026, devant le Congrès réuni à Libreville, son premier discours mêlant diagnostic, bilan et projection.
Dès les premières minutes de son intervention, le chef de l’État a donné le ton. « Aujourd’hui, je peux affirmer que les bases de la transformation de notre pays sont désormais solidement établies », a-t-il déclaré, revendiquant les réformes engagées depuis le 30 août 2023. Bien plus qu’un exercice institutionnel, cette adresse à la Nation, diffusée en direct, visait à démontrer la trajectoire prise par Brice Clotaire Oligui Nguema : celle de la transformation du Gabon.
Réforme des institutions, modernisation de l’administration public, régularisation de situations administratives, investissements dans les infrastructures ou encore redressement des finances publiques : autant de chantiers présentés par le président gabonais qui a tenu à défendre une ligne politique fondée sur la reconstruction progressive de l’État.
Sur le plan économique, Oligui Nguema a annoncé que l’État gabonais est désormais « premier producteur pétrolier national » après le rachat des actifs d’Assala et Tullow Oil. Il a également vanté le gisement de fer de Bélinga, « le plus grand au monde », selon lui, avec 7,5 milliards de tonnes, comme levier d’une future diversification. Mais il a reconnu sans détour les limites de la situation énergétique, pointant les défaillances de la SEEG, société nationale d’eau et d’électricité, et admettant que la réalisation d’infrastructures prend « 3 à 6 ans ».
Au plan social, le président a annoncé le paiement immédiat d’une troisième tranche de rappels de salaires aux fonctionnaires, 35 milliards de FCFA, ainsi qu’une première tranche de remboursement aux épargnants spoliés de la Poste SA, dont certains, a-t-il dit avec émotion, « y ont laissé leur vie ». Des annonces dont l’effet est immédiat, mais qui ne masquent pas la fragilité structurelle d’un État dont les réformes sociales, CNAMGS, CNSS, CPPF, restent inachevées.
Mais au-delà du bilan, c’est surtout une vision du Gabon que Brice Clotaire Oligui Nguema a cherché à dessiner. Un pays davantage tourné vers la production que vers l’importation, davantage fondé sur le mérite que sur les rentes, davantage orienté vers l’investissement que vers la consommation publique.
« Pour ce septennat, ma vision est claire : construire une République gabonaise prospère, souveraine, stable et respectée afin de rendre aux Gabonais leur dignité », a-t-il résumé.


