Condamnés à vingt ans de prison par contumace à Libreville en novembre 2025, Sylvia et Noureddin Bongo feraient l’objet, selon des sources proches de la coopération policière internationale, d’une notice rouge diffusée depuis le 6 mai 2026.
Sylvia et Noureddin Bongo, épouse et fils de l’ancien président gabonais déchu Ali Bongo, ont été condamnés en novembre 2025, à l’issue d’un procès diffusé en direct à la télévision, à vingt ans de réclusion criminelle par contumace, pour des détournements qualifiés d’« astronomiques » par le parquet. Selon des sources proches des circuits de coopération policière internationale une notice rouge Interpol les visant aurait été validée et diffusée depuis le mercredi 6 mai 2026.
Un dossier pénal d’une ampleur exceptionnelle
Le réquisitoire du procureur général Eddy Minang avait décrit un système de captation de l’argent public « au profit d’intérêts privés » se chiffrant en milliards de francs CFA. L’accusation a estimé la totalité des sommes détournées par Sylvia et Noureddin Bongo à près de 4 917 milliards de francs CFA, soit environ 7,5 milliards d’euros. Les biens acquis comprendraient, selon le ministère public, des champs pétroliers, deux avions Boeing et des biens immobiliers au Gabon, au Maroc et à Londres.
Noureddin Bongo a également été reconnu coupable de corruption active des membres du Centre gabonais des élections, pour leur avoir remis 500 millions de francs CFA afin d’obtenir une décision favorable à son père lors de la présidentielle de 2023.
La notice rouge : un nouveau tournant pour les Bongo
Si une notice rouge Interpol a effectivement été émise contre les deux condamnés, comme le soutiennent des sources proches du dossier, elle serait donc le résultat d’un travail judiciaire patient, méthodique et technique, porté par les autorités gabonaises, avec un rôle central du parquet général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville.
Et sur ce point, il faut le dire clairement : le Procureur général Eddy Minang sort conforté par cette séquence. Son efficacité pourrait démontrer que l’État gabonais est capable de défendre ses décisions de justice, de mobiliser les mécanismes internationaux et de poursuivre les personnes condamnées au-delà de ses frontières, et que la justice gabonaise, lorsqu’elle est structurée, peut se faire entendre dans les circuits internationaux.
En pratique, une notice rouge Interpol n’est pas une arrestation automatique. Chaque État applique son propre droit. Mais le signal est considérable : les personnes visées sont désormais inscrites dans un circuit policier international.


