Une réalisatrice gabonaise conquiert le plus grand festival de cinéma du monde avec son premier long-métrage, marquant un tournant historique pour son pays.
Sur le tapis rouge du Festival de Cannes, Samantha Biffot a réalisé un rêve : porter les couleurs du Gabon au cœur du plus grand festival de cinéma du monde. La réalisatrice-productrice gabonaise a présenté son premier long-métrage « Ben’Imana » dans la prestigieuse section « Un Certain Regard », accompagnée de la star internationale Bella Hadid et d’une délégation de son pays.
« C’est un moment que je n’oublierai jamais », confie Samantha Biffot, fière de fouler les marches du palais des festivals avec un film entièrement porté par une vision gabonaise. Pour la première fois dans l’histoire du cinéma gabonais moderne, une production nationale est officiellement sélectionnée à Cannes.
Un rêve devenu réalité pour toute une nation

À ses côtés, Samson Elibigui, Directeur Général de l’Institut Gabonais de l’Image et du Son, a suivi chaque étape de cette ascension remarquable. « Cette sélection change la trajectoire du cinéma gabonais », affirme-t-il, conscient de l’importance symbolique du moment. Elibigui est venu à Cannes avec une mission : montrer au monde que le Gabon possède des talents et des ressources cinématographiques de classe mondiale.
Lors d’un déjeuner en croisette, une délégation rwandaise menée par H.E. Sandrine Umutoni, Secrétaire d’État pour la Jeunesse et les Arts, a tenu à célébrer cette réussite commune. « Nous sommes fiers de soutenir ce projet et de montrer que l’Afrique crée des cinémas de qualité », a déclaré Umutoni, exprimant ainsi l’ambition continentale portée par cette sélection.
Au-delà du tapis rouge

Pour Samson Elibigui, cette présence à Cannes n’est que le début. « Nous venons ici non seulement montrer nos films, mais rencontrer les distributeurs, les producteurs, les partenaires qui peuvent aider le Gabon à bâtir une véritable industrie cinématographique », explique-t-il. Durant le Festival, la délégation gabonaise sillonne les rencontres professionnelles et les marchés pour tisser des liens durables.
L’IGIS nourrit une ambition plus grande encore : dès 2027, un pavillon officiel gabonais accueillera les professionnels du cinéma lors du Festival. « Nous voulons que le Gabon soit reconnu chaque année à Cannes, pas juste une fois », confie Elibigui avec détermination.
Un pays redécouvre sa vocation cinématographique

Le Gabon possess des atouts que les réalisateurs étrangers commencent à découvrir. Ses paysages sauvages et préservés, ses sites de tournage exceptionnels, ont déjà attiré des productions internationales comme « Muganga » en 2023. Mais c’est la sélection de « Ben’Imana » qui prouve que le Gabon peut aussi créer ses propres récits de portée mondiale.
« Nous voulons renouer avec l’âge d’or du cinéma gabonais des années 1960 », rappelle Elibigui, évoquant une époque où le cinéma gabonais rayonnait en Afrique. Cette sélection à Cannes représente bien plus qu’une victoire : c’est l’affirmation que cette renaissance est non seulement possible, mais en marche.
Tandis que Samantha Biffot quitte Cannes avec l’expérience inoubliable de sa première montée des marches, elle porte avec elle l’espoir de tout un secteur cinématographique renaissant au Gabon.



