Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, figure de la société civile gabonaise, a tenu ce vendredi 13 mars 2026 un point de presse au cours duquel il a présenté ses excuses au Syndicat National des Magistrats du Gabon, le SYNAMAG, tout en l’invitant à une collaboration renforcée dans le traitement judiciaire des crimes rituels. Une sortie médiatique qui intervient dans un contexte de vive tension entre les deux parties, née d’une controverse sémantique aux ramifications plus profondes.
Genèse d’un malentendu institutionnel

L’origine de l’incident remonte à des auditions tenues au Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel, le CESEC, au cours desquelles des experts ont été entendus sur les réseaux alimentant les crimes rituels au Gabon. Parmi les catégories d’acteurs identifiés figuraient, selon leurs témoignages, certains politiciens, certains hommes d’affaires, certains religieux et certains magistrats.
C’est cette dernière mention que le SYNAMAG a interprétée comme une mise en cause de l’ensemble du corps judiciaire, le conduisant à réagir publiquement. Foumboula Libeka Makosso a tenu à rectifier cette lecture lors de son point de presse, soulignant que ses propos visaient une frange minoritaire et non la magistrature dans son ensemble.
Des excuses, mais aussi une invitation

Au-delà de la clarification, la déclaration du militant revêt une dimension programmatique. Foumboula Libeka Makosso a annoncé son intention de se rendre prochainement au siège du SYNAMAG afin de réitérer ses excuses de vive voix et, surtout, de soumettre au syndicat une demande de collaboration active sur les dossiers liés aux crimes rituels.
Il s’agit, selon lui, de rouvrir des affaires demeurées sans suite, d’engager les magistrats dans un processus judiciaire abouti et de traduire en justice, sans distinction de rang ni de statut, toute personne impliquée dans ces pratiques ou ayant contribué à les couvrir.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’un partenariat antérieur entre la société civile et le bureau sortant du SYNAMAG, notamment autour des questions de corruption au sein de l’appareil judiciaire. Foumboula Libeka Makosso a indiqué vouloir poursuivre et intensifier cette coopération avec le nouveau bureau syndical, en dépit de la polémique récente.
Trente ans d’impunité : un bilan accablant

Le fait central que cette controverse remet en lumière demeure, selon les acteurs de la société civile, celui de l’impunité persistante entourant les crimes rituels au Gabon. En plus de trente ans de dénonciations, d’auditions et de signalements documentés, aucun commanditaire n’aurait à ce jour été condamné et incarcéré pour ces faits.
Ce constat, régulièrement avancé par les associations de familles de victimes et les organisations de la société civile, pose la question de l’efficacité et de la volonté de l’appareil judiciaire à traiter ces affaires jusqu’à leur terme. C’est précisément à cette problématique que Foumboula Libeka Makosso entend désormais répondre en faisant du SYNAMAG un levier central de la mobilisation judiciaire.
Une réconciliation pragmatique

En clôturant son intervention, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a exprimé sa reconnaissance envers le SYNAMAG pour sa compréhension, tout en réaffirmant la volonté de la société civile, des associations de familles de victimes et du CESEC de conjuguer leurs efforts avec ceux du syndicat des magistrats. Un message de dépassement adressé à un partenaire jugé indispensable dans la quête d’une justice trop longtemps attendue.



