Il y a des affaires qui commencent dans le fracas et se terminent dans le silence. Celle que le Gabon a suivie avec une attention fiévreuse pendant des mois vient de connaître son épilogue. Et quel épilogue.
Le coup de tonnerre

Ce jeudi 12 mars 2026, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou, a pris la parole devant la presse. Pas pour annoncer une mise en examen. Pas pour réclamer un nouveau report. Mais pour prononcer les trois mots qui changent tout : non lieu, preuves insuffisantes.
L’homme d’affaires et ancien membre du gouvernement, traîné dans la boue depuis des mois, accusé de présomption d’atteinte aux mœurs par son ex compagne Lucie Biloghe, sort libre. Totalement. Définitivement.
Une accusation qui s’effondre

Tout avait commencé par une dénonciation. Une femme, un témoignage, une accusation suffocante qui avait suffi à déclencher une procédure judiciaire d’envergure. Perquisition au domicile, saisie de biens, humiliation publique. Montres de luxe, écrans plasma, numéraires et objets divers, le tout évalué à près d’un milliard de FCFA, emporté sans ménagement.
Sa réputation, traînée dans la fange. Sa liberté, suspendue au fil d’une procédure interminable. Ses avoirs, gelés au nom d’une justice qui produisait même des quittances du Trésor public pour tenter de légitimer une confiscation que ses avocats avaient pourtant méthodiquement démantelée, rappelant avec force qu’aucun document financier ne saurait valider une procédure irrégulière.
Lui, pendant tout ce temps, tenait debout. Refusant de plier. Clamant son innocence, avec la constance de celui qui sait.
La vérité éclate

La vérité a fini par s’imposer là où elle devait s’imposer : dans un prétoire. Le dossier était vide. Les charges, inconsistantes. Le verdict, sans appel.Non lieu.Tous ses biens lui seront restitués. Chaque montre. Chaque billet. Chaque objet arraché lors de cette descente qui, rétrospectivement, ressemble davantage à une démonstration de force qu’à une quête de justice.
Ce que cette affaire dit du Gabon

Au delà du cas personnel, l’affaire HPO pose une question que le Gabon ne peut plus esquiver : combien d’hommes et de femmes ont subi le poids d’accusations non étayées, pendant que leurs vies, leurs familles et leurs carrières s’effritaient dans l’attente d’un verdict ?
Une accusation sans preuve est une arme. Utilisée avec légèreté, elle détruit. Et lorsque la justice finit par corriger le tir, les dommages, eux, ne se restituent pas aussi facilement qu’une montre ou un écran plasma.
Le mot de la fin

L’ancien ministre est libre. Blanchi. Ses biens, rendus. Sa parole, enfin entendue.
Quant à l’affaire HPO, elle rejoint ces dossiers qui en disent long sur les failles d’un système judiciaire encore en quête d’équilibre entre la célérité des accusations et la rigueur des preuves.
L’histoire, comme toujours, a donné le dernier mot à celui qui a tenu debout.
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