Co-organisé avec le Kenya les 11 et 12 mai 2026, le sommet Africa Forward, inédit en pays anglophone, veut refonder les partenariats économiques entre Paris et l’Afrique, loin des logiques postcoloniales.
C’est un symbole soigneusement choisi. Pour la première fois, un sommet Afrique-France se tient dans un pays anglophone. Nairobi, capitale d’un Kenya dynamique et résolument tourné vers l’avenir, accueille les 11 et 12 mai 2026 le sommet Africa Forward, co-présidé par Emmanuel Macron et le président kenyan William Ruto. Dix ans après le discours de Ouagadougou, la France espère tourner une page.
L’événement rompt avec le format habituel. Aux côtés des chefs d’État africains et européens, plusieurs centaines de jeunes entrepreneurs, artistes, sportifs et créateurs issus de l’ensemble du continent sont conviés. Une façon d’afficher que ce sommet n’est pas seulement une affaire d’États.
Une priorité économique assumée
Le programme est à dominante économique, et ce n’est pas un hasard. La France se présente comme le quatrième investisseur en Afrique, avec un stock d’investissement de 52 milliards d’euros fin 2024 et des échanges commerciaux dépassant les 65 milliards d’euros par an. Le nombre de filiales d’entreprises françaises sur le continent a doublé en quinze ans, contribuant selon Paris à 500 000 emplois directs.
Un vaste forum d’affaires est organisé le 11 mai, assorti de séquences dédiées aux industries culturelles, au sport et à la jeunesse. La journée du 12 sera, elle, consacrée aux questions de financement du développement, un sujet sur lequel les conclusions du sommet doivent alimenter la préparation du G7 qu’accueillera la France à Évian les 15-17 juin.
Au-delà de l’économie, le sommet entend incarner la refonte engagée depuis 2023 du dispositif militaire français sur le continent. Paris a progressivement fermé ses bases, au Tchad, au Sénégal, au Niger, pour recentrer sa coopération sur la formation et le partage de renseignement. Une mutation présentée non comme un retrait, mais comme une normalisation.
Sur le plan mémoriel, la France réaffirme ses engagements : poursuite des restitutions d’œuvres d’art et de restes humains à des pays comme le Bénin, Madagascar ou la Côte d’Ivoire, et travaux de mémoire conduits avec le Rwanda, le Sénégal ou le Cameroun.
Le Kenya, un partenaire stratégique
Le choix de Nairobi n’est pas anodin. Le président Ruto s’est imposé comme l’un des voix africaines les plus actives en faveur d’une réforme de l’architecture financière mondiale. Aux côtés de la France, il plaide pour que le continent africain, le plus jeune du monde, ait davantage voix au chapitre dans les institutions multilatérales. Les deux pays partagent notamment l’engagement pour le Pacte pour la Prospérité, les peuples et la planète, dont le Kenya est cofondateur.
Ce sommet, voulu comme un signal de rupture, sera aussi jugé à l’aune des actes qui suivront.



