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Libreville : ces brochettes de rue à haut risque

Une scène banale mais préoccupante

À Libreville, il est devenu presque impossible de circuler dans les quartiers populaires sans croiser les célèbres « nayikeurs » ces vendeurs ambulants de gésiers, d’ailes de poulet ou de café installés à même le sol ou sur de petits étals de fortune. Si ces commerçants répondent à un besoin économique évident et à une forte demande populaire, les dangers sanitaires liés à cette consommation sont de plus en plus préoccupants.

Un succès populaire… mais une bombe à retardement sanitaire

Ces aliments à prix modique attirent des milliers de consommateurs chaque jour. Accessibles, rapides et savoureux, ils offrent une solution de survie autant pour les vendeurs que pour les acheteurs. Mais selon plusieurs spécialistes de santé publique, le risque de contamination par des maladies hydriques et alimentaires, notamment la fièvre typhoïde, est extrêmement élevé.

« Le taux de risque avoisine les 80 % pour certaines denrées, en raison du non-respect des règles d’hygiène, de la conservation douteuse des produits et du manque d’infrastructures adaptées », avertit le Dr Mireille A., infectiologue à Libreville.

La fièvre typhoïde en nette progression

La fièvre typhoïde, maladie infectieuse provoquée par la bactérie Salmonella typhi, se transmet principalement par l’eau et les aliments contaminés. Dans les hôpitaux publics, les consultations pour douleurs abdominales, fièvre prolongée, et troubles intestinaux ont explosé ces dernières semaines.

Les patients interrogés par nos correspondants affirment, dans leur grande majorité, consommer régulièrement des aliments de rue, notamment le soir. Un homme rencontré dans un centre de santé communautaire de Nzeng-Ayong témoigne :

« J’achète souvent des brochettes après le boulot. C’est rapide et pas cher. Mais ces derniers temps, j’ai souvent mal au ventre… »

Des efforts officiels insuffisants

Certes, les autorités gabonaises ont initié des campagnes de sensibilisation, principalement à travers des messages radiodiffusés et quelques affiches dans les marchés. Cependant, leur portée reste limitée. Sur le terrain, très peu de contrôles sanitaires sont visibles, et les vendeurs continuent d’exercer sans formation ni encadrement.Un agent municipal, sous couvert d’anonymat, confie :

« Nous manquons de moyens pour effectuer des contrôles réguliers. Il faudrait un vrai plan d’action intersectoriel impliquant la santé, la municipalité et même les associations de quartiers. »

Une urgence sanitaire qui appelle à l’actionFace à cette réalité, il est urgent que le gouvernement et les collectivités locales :

renforcent les inspections sanitaires dans les zones à risque ;organisent des formations en hygiène alimentaire à destination des vendeurs ambulants ;sensibilisent davantage la population aux risques encourus ;et proposent des alternatives viables, comme des kiosques normalisés ou des espaces de restauration mobile encadrés.

Car au-delà du simple confort alimentaire, c’est toute la santé publique qui est en jeu.

Conclusion : une responsabilité collective

Si la précarité pousse vendeurs et consommateurs à privilégier ces solutions alimentaires rapides, il est essentiel de ne pas céder à la banalisation de ces pratiques à haut risque. Les autorités doivent redoubler d’efforts pour protéger les populations les plus vulnérables, tout en structurant progressivement ce secteur informel.

La sensibilisation, l’encadrement et l’action concrète sont les seules armes contre cette bombe sanitaire silencieuse.

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