À l’occasion du Sommet Africa Forward, le président gabonais Oligui Nguéma a obtenu d’Eramet des engagements sur la valorisation locale du minerai et la modernisation d’une ligne ferroviaire stratégique.
Ce n’était pas l’objet central du Sommet Africa Forward, qui réunit plusieurs chefs d’Etat à Nairobi (Kenya), mais cette rencontre bilatérale du numéro un Gabonais avec Christel Bories, présidente-directrice générale du groupe minier Eramet, est ce que Libreville attendait depuis plusieurs mois.
« Il y aura de la transformation de minerai de manganèse au Gabon, et Eramet et Comilog travaillent d’arrache-pied sur ce sujet », a affirmé la dirigeante à l’issue de l’audience avec le Chef de l’Etat et sa délégation. Une formule courte, mais dont le poids symbolique et industriel est considérable dans un pays où le manganèse représente le premier poste d’exportation et où la question de la valeur ajoutée locale fait l’objet d’un bras de fer discret depuis des années entre l’État et son partenaire historique.
Au-delà de la transformation du minerai, la réunion de Nairobi a également acté une nouvelle phase de financement pour la modernisation du Transgabonais, l’axe ferroviaire de 648 kilomètres reliant Libreville à Franceville, qui constitue la colonne vertébrale logistique de toute la filière minière. La modernisation du Transgabonais n’est pas seulement un enjeu minier : le rail transporte aussi des voyageurs et des marchandises diverses, et son état conditionne la compétitivité de l’ensemble de l’économie intérieure.
Pour l’heure, ni le gouvernement gabonais ni Eramet ne se sont engagés sur un volume précis de transformation, ni sur un nombre d’emplois à créer. La prudence de communication est assumée : à Nairobi, Christel Bories a confirmé que « le calendrier et les intentions sont clairs », sans chiffrer publiquement les objectifs. Une façon de ménager la crédibilité du projet sans sur-vendre une trajectoire encore à l’étude.



