Dans un monde en profonde recomposition économique, où les nations se redéfinissent à l’aune de leur capacité à produire, transformer et innover, il devient impératif pour notre pays d’opérer un tournant stratégique décisif. Ce tournant, Yves Fernand Manfoumbi le nomme la libéralisation productive de l’économie : une vision lucide, pragmatique et ambitieuse qui place la production nationale au cœur de notre souveraineté économique.
La rente, une impasse

Pendant trop longtemps, nos économies ont été enfermées dans des logiques de rente, dépendantes des matières premières et vulnérables aux chocs extérieurs. Cette situation n’est plus tenable. Elle fragilise nos finances publiques, limite la création d’emplois et freine l’émergence d’un tissu entrepreneurial robuste. Il est temps de sortir de cette dépendance structurelle pour entrer dans une nouvelle ère : celle de la transformation et de la création de valeur.
Un État stratège, pas absent

La libéralisation productive ne signifie pas un abandon de l’État, bien au contraire. Elle implique un État stratège, garant des équilibres, facilitateur des initiatives et protecteur des intérêts nationaux. Elle repose sur une redéfinition claire des rôles : à l’État, la régulation, l’orientation et l’investissement dans les infrastructures structurantes ; au secteur privé, la production, l’innovation et la création de richesse.
Cinq réformes majeures

Concrètement, cette approche appelle plusieurs transformations profondes.
Lever les barrières à l’entrepreneuriat. Trop de procédures administratives, trop de lourdeurs réglementaires, trop d’incertitudes juridiques découragent l’initiative privée. Il faut simplifier, sécuriser et accélérer. Créer une entreprise doit devenir un acte simple, rapide et accessible à tous.
Mettre en place un environnement fiscal incitatif. La fiscalité doit cesser d’être punitive pour devenir un levier de développement. Des mesures ciblées doivent encourager l’investissement productif, notamment dans les secteurs stratégiques comme l’agro-industrie, la transformation du bois, les industries culturelles et numériques.
Restructurer le financement. Sans accès au crédit, aucune ambition productive ne peut prospérer. Il est urgent de restructurer notre système financier pour le rendre plus inclusif, plus audacieux, et davantage orienté vers les PME et les startups. Cela suppose la création d’instruments innovants : fonds de garantie, capital-risque, partenariats public-privé dynamiques.
Valoriser le capital humain. Une économie ne peut produire durablement sans compétences. Il nous faut investir massivement dans la formation professionnelle, adapter nos curricula aux besoins du marché, et promouvoir une culture de l’excellence et de l’effort.
Garantir une gouvernance exemplaire. La transparence, la lutte contre la corruption et la stabilité institutionnelle sont les fondements de la confiance, sans laquelle aucun investissement n’est possible. La libéralisation productive exige un pacte de confiance entre l’État, les entreprises et les citoyens.
Un hub au cœur de l’Afrique centrale

« Notre ambition doit être claire : faire de notre pays un hub de production, de transformation et d’exportation en Afrique centrale. Cela est à notre portée, à condition de faire les choix courageux qui s’imposent. »
La libéralisation productive n’est pas une option idéologique. C’est une nécessité historique. Elle est le socle d’une prospérité partagée, d’une souveraineté retrouvée et d’un avenir maîtrisé.
Le temps n’est plus aux hésitations. Il est à l’action.




