Le Gabon entre dans une phase décisive de son histoire politique avec l’ouverture, le 29 mars, de la campagne pour l’élection présidentielle du 12 avril prochain. Mais si cette compétition électorale devait marquer un tournant démocratique majeur, un élément intrigue déjà les observateurs : la présence quasi-exclusive des deux favoris, Alain-Claude Bilie-By-Nze et Brice Clotaire Oligui Nguema, sur la scène politique et médiatique.
Une campagne qui peine à prendre son envol

Si les prémices de cette course à la magistrature suprême ont été marquées par un certain engouement, l’absence notable des six autres candidats suscite interrogations et interrogations. Dans un pays où les réseaux sociaux et les plateformes numériques sont devenus les principaux canaux de communication, on pouvait s’attendre à une mobilisation plus visible de l’ensemble des prétendants. Pourtant, les discours, affiches et réunions publiques semblent être monopolisés par les deux têtes d’affiche.
Que sont devenus les autres candidats ?

Dès l’annonce des candidatures, le scrutin gabonais était présenté comme un affrontement entre l’ancien Premier ministre et le président de la transition. Cependant, la présence de six autres candidats devait offrir une alternative et enrichir le débat démocratique. Leur silence médiatique laisse planer plusieurs hypothèses : manque de moyens financiers et logistiques, difficultés d’accès aux médias, pression politique ou simple stratégie d’attente ?
Dans un contexte où la communication politique est essentielle, leur discrétion pourrait les condamner à l’anonymat électoral. Pourtant, la population gabonaise, en quête de changement et de clarté, attend de chacun une vision et un programme concrets.
Un débat binaire ou une véritable compétition ?

L’absence de confrontation directe entre tous les candidats risque d’entretenir l’idée d’une élection jouée d’avance. Si Bilie-By-Nze et Oligui Nguema concentrent les attentions, les autres prétendants doivent rapidement se manifester sous peine de voir la campagne se transformer en un duel sans surprise.
Le Gabon, qui aspire à une démocratie plus inclusive, a besoin d’un débat équilibré où toutes les voix sont entendues. Alors que les électeurs s’apprêtent à faire un choix décisif pour leur avenir, il est crucial que chaque candidat joue pleinement son rôle. Loin d’un simple face-à-face, la campagne doit refléter la diversité des aspirations gabonaises et permettre un véritable exercice démocratique.