Réuni ce 16 septembre au Palais présidentiel de Port-Gentil, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a siégé sous la présidence de S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema. Une session inédite, qui délocalise la justice de Libreville et l’installe au cœur de la capitale économique.
À l’ouverture des travaux, le chef de l’État a demandé à la justice de garantir un accès effectif au droit, de traiter les procédures avec diligence et de raccourcir les délais, appelant en parallèle à mieux encadrer l’exécution provisoire, les astreintes et les saisies jugées intempestives. Ce déplacement n’est pas un simple changement de décor : il traduit une volonté de rapprocher les institutions des citoyens comme des opérateurs économiques.
Tenue hors de Libreville, cette session a une saveur particulière : elle a validé l’un des mouvements de carrière les plus larges de la magistrature gabonaise, avec 57 promotions et 66 inscriptions au tableau d’avancement, ainsi que des nominations touchant les trois ordres : judiciaire, administratif et financier, dans dix villes du pays. Côté discipline, le Conseil a par ailleurs pris acte des décisions du conseil de discipline du 25 août, sans en détailler la teneur.
Il faut noter que plusieurs postes de premier plan reviennent désormais à des femmes : le secrétariat permanent du Conseil, la présidence du tribunal de commerce de Libreville, la formation spécialisée du tribunal de Libreville, la présidence de la chambre provinciale des comptes de Port-Gentil, ainsi que des présidences de chambre à la Cour de cassation, au Conseil d’État et à la Cour des comptes. Ces nominations consacrent des parcours plutôt que des quotas, dans une magistrature où la compétence ne se mesure pas au genre.
Reste, au-delà des nominations, la question posée par le chef de l’État lui-même : celle d’une justice plus rapide et plus accessible, dont la session de Port-Gentil ne constitue qu’un premier acte.


