Gabon : Ali Bongo en grève de la faim pour sa famille

Libreville, 2 février 2025 – L’ancien président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a entamé une nouvelle grève de la faim pour protester contre la détention prolongée de son épouse, Sylvia Bongo, et de son fils, Noureddin Bongo Valentin. Selon les informations de Radio France Internationale (RFI), l’ancien chef de l’État considère leur incarcération comme une « injustice » et demande leur libération immédiate.

Un cri de détresse d’un ancien président fragilisé

Depuis la chute de son régime le 30 août 2023, Ali Bongo vit une période d’isolement et de marginalisation politique. Affaibli par un AVC survenu en 2018, l’ancien président, aujourd’hui sous résidence surveillée, peine à retrouver un rôle sur la scène publique. Cette grève de la faim, la deuxième depuis la mise en détention de sa famille, témoigne de son impuissance face à une transition qui semble vouloir tourner définitivement la page de son règne.

D’après des sources proches du dossier, Ali Bongo aurait pris cette décision après avoir épuisé toutes les voies de recours pour obtenir la libération de ses proches. Malgré les plaidoyers de ses avocats et les pressions discrètes de certains de ses anciens alliés internationaux, la justice gabonaise reste inflexible.

Des accusations lourdes contre Sylvia et Noureddin Bongo

Sylvia Bongo et son fils Noureddin sont poursuivis pour « détournement massif de fonds publics », « blanchiment d’argent » et « corruption active ». Des enquêtes menées par les nouvelles autorités gabonaises ont mis en lumière un vaste réseau présumé de détournements orchestré depuis le Palais du Bord de mer. Selon les magistrats en charge du dossier, des centaines de milliards de francs CFA auraient été siphonnés au détriment du Trésor public, provoquant l’effondrement économique de plusieurs secteurs clés.

La Première Dame déchue et son fils sont perçus comme les véritables architectes du pouvoir durant les dernières années du règne d’Ali Bongo, période marquée par des soupçons de gouvernance familiale et opaque. Noureddin Bongo, jadis pressenti comme héritier du pouvoir, est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux symboles des abus de l’ancien régime.

Une pression internationale discrète, mais insuffisante

Malgré des appels à la clémence de certains milieux diplomatiques, notamment en France, la junte dirigée par le général Brice Clotaire Oligui Nguema reste ferme. Le CTRI (Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions) a fait de la lutte contre la corruption l’un de ses chevaux de bataille. La libération des Bongos serait perçue comme un dangereux précédent, risquant de fragiliser l’autorité du pouvoir de transition.

Si cette nouvelle grève de la faim d’Ali Bongo vise à attirer l’attention sur le sort de sa famille, son impact politique reste incertain. Le Gabon de l’après-Bongo semble déterminé à tourner la page, quitte à ignorer les supplications d’un ancien président désormais relégué à l’arrière-plan de l’histoire nationale.

Affaire à suivre…

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250202-gabon-ali-bongo-ondimba-entame-une-nouvelle-gr%C3%A8ve-de-la-faim

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