Oligui Nguema à Paris : comprendre les codes d’une visite d’État

Dimanche 19 juillet, sur le tarmac de l’aéroport parisien, la ministre française de la Culture, Catherine Pégard, accueille le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Sur les réseaux sociaux gabonais, l’image passe mal : certains y voient un manque d’égard, pourtant une lecture protocolaire s’impose.

La séquence de bienvenue sur le territoire français, diplomatiquement correcte, a laissé place à une confusion de l’accueil protocolaire à l’aéroport avec la reconnaissance politique due au rang du président de la République gabonaise. C’est se tromper de symbole, et surtout passer à côté du véritable événement, précise un spécialiste du protocole.

C’est pourtant très exactement le protocole en vigueur pour toutes les visites d’État, quel que soit le pays hôte, quel que soit le chef d’État reçu. Un chef d’État en exercice ne se déplace pratiquement jamais lui-même pour un accueil aéroportuaire, geste réservé aux situations les plus exceptionnelles. C’est le rôle du chef du protocole ou d’un membre du gouvernement de recevoir le dignitaire à son arrivée.

Et, d’ailleurs, la rencontre entre Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron, elle, se tient ailleurs et comprendra : une cérémonie d’accueil officielle, des honneurs militaires et un tête-à-tête à l’Élysée. C’est précisément le programme du lundi 20 juillet, avec un entretien entre les deux chefs d’État, la signature d’accords bilatéraux et un dîner offert par le président français.

Pour mémoire, depuis la visite d’État d’Omar Bongo Ondimba, reçu en 1984 à Orly par François Mitterrand en personne, aucun chef d’État gabonais n’avait plus été reçu en France dans ce cadre protocolaire. Ni Omar Bongo dans les décennies suivantes, ni Ali Bongo Ondimba durant ses treize années de pouvoir : leurs déplacements en France, aussi fréquents et cordiaux fussent-ils, sont restés des visites officielles ou de travail.

Quarante-deux ans après Omar Bongo, la visite du 20 juillet rompt donc avec une longue habitude diplomatique. C’est un changement de statut, pas un simple séjour de plus.

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