Gabon : le jour où les comptes sont repassés au vert

En moins de trois ans, le Gabon est passé de l’urgence budgétaire à un léger excédent, en confiance avec le FMI. Récit d’un redressement qui pourrait inspirer l’économie gabonaise

Tout commence en 2014, quand les cours du pétrole s’effondrent. Pour le Gabon, dont le budget dépend de l’or noir, c’est un séisme. En deux ans, la dette publique passe de 34 % à plus de 64 % du PIB, le déficit budgétaire atteint 6,6 % et les impayés de l’État frôlent 10 % de la richesse nationale. À la mi-2017, le pays est dos au mur.

Le 19 juin 2017, le FMI approuve un programme triennal de 642 millions de dollars. Le cap est clair : assainir les finances publiques et ramener la dette sur une trajectoire soutenable. Le remède est rude : dépenses maîtrisées, impôts et droits de douane mieux collectés, masse salariale contenue, dettes de l’État auditées puis apurées. La croissance tombe à 0,5 % en 2017, prix d’une économie qui se stabilise avant de repartir.

Dès 2018, l’aiguille bouge : le déficit recule à 3,4 % puis 1,6 % du PIB, et l’activité redémarre. En 2019, la croissance remonte à environ 3,4 %, portée par le pétrole, les mines et le bois. Surtout, selon le rapport du FMI, le déficit de 2016 laisse place à un léger excédent d’environ 0,7 % du PIB, et la dette redescend autour de 59 %. Les arriérés tombent de 9,7 % du PIB fin 2016 à 3,3 % en septembre 2019, et les arriérés extérieurs sont entièrement apurés. Un État qui paie de nouveau ses factures retrouve sa crédibilité.

Ce redressement s’est construit dans un dialogue suivi avec le Fonds : missions, revues, décaissements. En octobre 2019, ses équipes saluent les efforts de mobilisation des recettes et de maîtrise des dépenses. En décembre, le conseil d’administration achève les revues du programme et juge la performance du pays « globalement satisfaisante ». Ce feu vert compte : c’est un signal que regardent tous les autres bailleurs et créanciers.

Tout n’était pas réglé : la croissance hors pétrole restait faible et une partie des arriérés intérieurs demeurait. Mais la direction ne faisait guère de doute.

La question n’est donc pas de savoir si le Gabon peut redresser ses comptes. Il l’a déjà fait. L’enjeu est de retrouver ce qui l’avait permis : une chaîne de décision courte, des engagements suivis, la discipline budgétaire et une administration tenue à l’obligation de résultats.

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