Pénurie de carburant : la spéculation s’installe aux stations

Depuis plusieurs jours, les files s’allongent devant les stations-service de Libreville. Dans l’attente, un commerce parallèle s’est installé : des particuliers font le plein de bidons pour revendre l’essence ou le diesel, bien plus cher, à ceux qui ne veulent ou ne peuvent plus patienter.

Le procédé est simple. Ils se pointent avec des bidons à la station, achètent au prix de la pompe, quand il y en a, puis ils écoulent le précieux liquide au coin de la rue ou sur appel, à un tarif qui peut doubler, voire tripler. La rareté crée la spéculation, et la spéculation entretient la rareté : chaque bidon rempli pour la revente, c’est autant de carburant en moins pour les automobilistes qui attendent souvent pendant de longues heures.

Dans la file d’attente, une riveraine observe le manège avec agacement.

« Tu vois des gens qui repartent avec deux, trois bidons, et toi tu es là depuis le matin pour ton réservoir. Après, ils se faufilent entre les véhicules pour te vendre le même carburant trois fois le prix. On profite de la misère des gens, c’est tout. »

Pour beaucoup d’automobilistes, cette économie de la pénurie pèse sur un budget déjà tendu. Reste la question de fond : tant que l’approvisionnement ne sera pas stabilisé, le marché noir du carburant pourrait avoir des beaux jours devant lui.

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