Tensions politiques post-électorales au Cameroun

Un climat de méfiance et de division
Les tensions politiques au Cameroun, intensifiées par la présidentielle du 12 octobre 2025, mettent en lumière un paysage politique fracturé. La réélection de Paul Biya, qui a obtenu un nouveau mandat controversé, a engendré des accusations de fraudes massives. Le Social Democratic Front (SDF), dirigé par Joshua Osih, a dénoncé la complicité des élites du RDPC dans des manœuvres douteuses, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les séparatistes sont actifs.
Les résultats décevants du SDF, avec moins de 1 % des voix, exposent une crise de confiance au sein de l’opposition. Les allégations de fraudes, couplées à l’incapacité du gouvernement à assurer un processus électoral sécurisé, alimentent un climat de méfiance. Osih a exprimé son indignation face à l’absence de poursuites judiciaires contre les responsables, soulignant ainsi la complaisance gouvernementale envers ces violations.
Cette situation éclaire également les divisions au sein de l’opposition. Les tensions entre les partisans de Maurice Kamto et ceux d’Issa Tchiroma se manifestent par des reproches plutôt que par un débat constructif. Les échanges du type « Tu n’étais pas là quand je me battais » révèlent une focalisation sur le passé, au détriment de l’avenir. Cette fragmentation profite au pouvoir en place, qui demeure serein face à une opposition désunie.

Les conséquences d’un boycott électoral
Le refus de l’Union pour le Changement (UPC) de participer aux élections législatives et municipales de 2026, en réponse à l’appel au boycott d’Issa Tchiroma, illustre les tensions internes au sein de l’opposition. Dr Muna Ekane de l’UPC a dénoncé la répression politique, insistant sur le respect de la vérité des urnes. Bien que sa position soit ferme, elle pourrait mener à une implosion de la coalition, certains membres cherchant à participer aux élections pour des raisons stratégiques.
Ces tensions internes révèlent les défis auxquels l’opposition est confrontée. D’un côté, certains membres prônent l’unité pour contrer le régime, tandis que d’autres privilégient le boycott. Cette division affaiblit la position de l’opposition, menaçant ses chances de succès face à un gouvernement déterminé à maintenir le statu quo.
Les conséquences d’un boycott pourraient être lourdes. Si l’opposition ne parvient pas à s’unir autour d’une stratégie commune, elle risque de perdre toute crédibilité aux yeux des électeurs. Les appels à l’unité, tels que ceux de Me Alice Nkom, mettent en lumière l’urgence d’une action collective, malgré les divergences d’opinion parmi les partis.

Un avenir incertain pour l’opposition
Les tensions politiques post-électorales au Cameroun soulèvent des questions cruciales sur l’avenir de l’opposition. Les critiques internes au sein du SDF, notamment de Charlie Tchikanda, mettent en lumière un manque de démocratie au sein du parti. Ce dernier a dénoncé l’attitude condescendante du président du SDF, qui semble indifférent aux résultats catastrophiques de l’élection. Cette situation soulève des inquiétudes sur la capacité du SDF à se réformer et à regagner la confiance des électeurs.
De plus, les accusations de collaboration avec le régime, notamment à l’encontre de Cabral Libii, leader du PCRN, compliquent encore davantage la situation. Les doutes concernant la crédibilité de Libii, accusé d’être un pion du régime, soulignent l’urgence pour l’opposition de clarifier ses positions et de se distancier des pratiques compromettantes.
Face à ces défis, l’opposition doit trouver un terrain d’entente et élaborer une offre politique claire. Si les leaders ne prennent pas conscience de l’urgence de l’unité, ils risquent de laisser le système en place gagner sans résistance. La fragmentation actuelle menace non seulement leurs chances lors des prochaines élections, mais également la légitimité de l’opposition aux yeux des Camerounais.




