À quelques jours de l’élection présidentielle du 12 avril prochain, Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle du 12 Avril prochain, intensifie sa campagne en plaçant le « Revenu Universel Garanti » (RUG) au centre de ses échanges avec les citoyens gabonais. Une proposition qui suscite à la fois l’espoir et le scepticisme, dans un contexte où le pays tente de redresser une économie plombée par une dette héritée du régime déchu.
Une promesse audacieuse face aux réalités Économiques

Lors de ses récents déplacements à Libreville , Bilie-By-Nze a martelé que la mise en place du RUG permettrait de « redonner du pouvoir d’achat aux Gabonais et de garantir un minimum vital à chaque citoyen ». Une mesure sociale ambitieuse qui s’inscrit dans une volonté de rupture avec les inégalités économiques persistantes.
Toutefois, les observateurs économiques s’interrogent sur la faisabilité d’un tel projet, alors que le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), dirigé par le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, a engagé un processus de remboursement de la dette nationale. Selon des sources proches du gouvernement de transition, le poids de cette dette limite fortement les marges de manœuvre budgétaires, rendant complexe toute réforme d’envergure nécessitant des ressources conséquentes.
Un électorat partagé entre espoir et scepticisme

Dans les marchés, les quartiers populaires et même au sein de la classe moyenne, la promesse du Revenu Universel Garanti fait débat. « C’est une bonne idée, mais d’où viendront les fonds ? », questionne Pierre, commerçant au marché Mont-Bouët. D’autres, à l’image de Sylvie, employée dans le secteur privé, y voient « une réelle avancée sociale, si seulement les moyens suivent ».
Face à ces interrogations, Bilie-By-Nze assure que des pistes de financement existent, notamment via une réforme fiscale plus équitable, l’optimisation des ressources naturelles et une meilleure gestion des fonds publics. Mais cela suffira-t-il à convaincre une population échaudée par des décennies de promesses non tenues ?
Un pari risqué dans un contexte de transition

Au-delà des enjeux budgétaires, la question politique pèse lourd. Le CTRI, en place depuis la chute du régime Bongo, a promis une transition transparente et des élections crédibles. Si Bilie-By-Nze venait à remporter le scrutin, il lui faudrait non seulement négocier avec les bailleurs de fonds internationaux de la viabilité de son projet mais aussi et surtout optimiser les recettes.
L’ancien Premier ministre saura-t-il transformer cette promesse en réalité ? Ou bien s’agit-il d’un simple argument électoral destiné à séduire un électorat en quête de renouveau ? Verdict le 12 avril prochain.