Depuis son retour sur la scène politique, Alain-Claude Bilie-By-Nze se positionne comme l’un des opposants les plus virulents à la transition dirigée par le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Ancien pilier du régime Bongo, il s’est mué en analyste inflexible, dénonçant ce qu’il considère comme des errements du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI). Pourtant, au sein d’une opinion gabonaise en quête de repères, son discours peine à faire l’unanimité.
Une critique systématique qui lasse

Bilie-By-Nze se veut la voix de la vigilance face aux promesses de la transition. Il critique le manque de clarté du processus électoral à venir, pointe du doigt les lenteurs dans les réformes économiques et n’hésite pas à souligner ce qu’il perçoit comme des incohérences dans la gouvernance actuelle. Une posture légitime dans toute démocratie, mais qui souffre d’un handicap majeur : elle émane d’un homme qui fut l’un des artisans de l’ère Bongo.
Dans les cercles politiques et auprès d’une partie de la population, cette posture apparaît opportuniste. Certains Gabonais jugent ses interventions excessives et peu constructives. D’autres y voient une tentative de revenir au premier plan sans proposer d’alternative crédible. Car s’il critique la transition, Bilie-By-Nze peine à articuler un projet clair et fédérateur pour l’avenir du Gabon.
Oligui Nguema, un capital confiance encore solide

De son côté, Brice Clotaire Oligui Nguema conserve un soutien populaire relatif, notamment grâce à certaines réformes sociales et économiques perçues comme des signaux positifs après des décennies de gestion controversée. En 19 mois, il a su instaurer un climat d’apaisement et donner à beaucoup l’espoir d’un renouveau politique. Même si des interrogations subsistent sur la suite de la transition, nombreux sont ceux qui préfèrent lui laisser du temps plutôt que de se tourner vers des figures du passé.
La population gabonaise, en quête de changement, attend des résultats concrets. Elle aspire à une transition réussie et à un processus électoral transparent. Face à cela, un discours purement critique, sans perspectives solides, risque de ne pas peser lourd. Si Bilie-By-Nze souhaite véritablement incarner une alternative, il devra faire plus que s’opposer : il lui faudra convaincre.