Diversification de l’économie ivoirienne : au-delà du cacao

Les initiatives du Conseil du coton et de l’anacarde
La Côte d’Ivoire, connue pour sa position de leader mondial dans la production de cacao, s’engage fermement sur la voie de la diversification économique. Le Conseil du coton et de l’anacarde (CCA), dirigé par Mamadou Berté depuis juillet 2024, se positionne comme un acteur clé dans cette transformation. Lors du Salon international de l’agriculture de Paris (SIA) en 2025, le CCA a souligné le potentiel prometteur du coton et de l’anacarde comme alternatives économiques.
Un objectif majeur du CCA est d’atteindre une transformation de 50% de la production nationale de cajou d’ici 2030. Pour y parvenir, trois nouvelles zones industrielles vont être créées pour attirer les investisseurs. Ces zones ont pour but de stimuler la transformation locale des produits, augmentant ainsi leur valeur ajoutée et générant des emplois. Le CCA a également organisé un panel le 27 février 2025, encourageant la diaspora ivoirienne à s’investir dans le développement de ces secteurs, mettant en avant l’importance de la mobilisation des ressources humaines et financières à l’étranger.
Les initiatives du CCA reposent sur des données concrètes, comme le prix de 425 FCFA par kilogramme de noix brute de cajou, garantissant une juste rémunération pour les producteurs. Ce cadre témoigne d’une gestion efficace visant à valoriser les produits locaux. Par ces actions, le CCA aspire à créer des champions nationaux dans les domaines du coton et de l’anacarde, renforçant ainsi la résilience économique du pays.

Le rôle du café et du cacao dans la diversification
Parallèlement, le Conseil du Café-Cacao joue un rôle significatif dans la promotion de produits agricoles alternatifs. Morrell ELLO, une jeune entrepreneuse ivoirienne, a récemment présenté sa marque HELLO café au SIA, bénéficiant du soutien de cette institution. Son initiative met en lumière le café robusta de Côte d’Ivoire et s’oriente vers la transformation du cacao, notamment avec des produits tels que la poudre de cacao 100%.
Cette démarche illustre comment les jeunes transformateurs ivoiriens, grâce au soutien du Conseil du Café-Cacao, peuvent participer à des foires internationales. Cela accroît leur visibilité et ouvre de nouvelles opportunités de partenariat. Morrell ELLO a ainsi exprimé sa gratitude, soulignant l’importance de la notoriété pour élargir sa portée à l’international. Cette évolution démontre que la diversification ne se limite pas à l’introduction de nouveaux produits, mais englobe également la valorisation des produits existants par des méthodes de transformation innovantes.
Ces efforts permettent de réduire la dépendance au cacao, en établissant un environnement où divers produits agricoles coexistent et s’épanouissent, contribuant ainsi à la sécurité économique du pays.

Investissements dans l’économie bleue et l’élevage
Lors de la 61ème édition du Salon International de l’Agriculture de Paris, la Côte d’Ivoire a également présenté son engagement envers l’économie bleue et le développement de l’élevage. Le Dr N’Gandi, Conseiller Technique du Ministre des Ressources Animales et Halieutiques, a mis en avant l’importance de cette économie, décrite par la Banque Mondiale comme l’utilisation durable des ressources océaniques pour favoriser la croissance économique. Une telle approche pourrait générer des milliers d’emplois tout en renforçant la sécurité alimentaire.
Le Dr DAGNOGO Komissiri a quant à lui exposé des opportunités d’investissement dans l’élevage, un secteur fondamental pour l’économie ivoirienne. Il a évoqué une politique de développement de la pêche et de l’aquaculture, allouant 50% des financements à l’élevage, dans le but de combler un déficit de plus de 700 milliards de francs CFA. Ces initiatives révèlent une détermination à diversifier les sources de revenus et à renforcer la sécurité alimentaire.
Des entrepreneurs comme M. SYLLA Brahima et Mme Kouadio Antoinette ont partagé leurs succès dans l’élevage d’escargots et la production de miel BIO, respectivement. Leurs témoignages démontrent le potentiel d’investissement dans ces niches, illustrant que la diversification est non seulement un impératif économique, mais également une opportunité pour les entrepreneurs locaux.
Les efforts déployés par la Côte d’Ivoire pour diversifier son économie vont bien au-delà de la dépendance au cacao. Du soutien aux producteurs de coton et d’anacarde à la promotion de café en passant par le développement de l’économie bleue et de l’élevage, ces initiatives révèlent une volonté politique forte et une mobilisation des acteurs économiques. Alors que le pays aspire à renforcer sa résilience économique, il est crucial de s’interroger : quelles autres mesures pourraient être mises en place pour soutenir cette diversification ? Comment le secteur privé et public peuvent-ils collaborer davantage pour maximiser le potentiel de ces nouveaux domaines ?