Risques de troubles sociaux liés aux luttes d’influence politiques

Contexte politique au Cameroun
Depuis 1982, le Cameroun est dirigé par Paul Biya, inscrivant le pays dans une dynamique politique complexe. Au cœur de cette réalité se trouvent les luttes d’influence au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). L’absence d’un mécanisme de succession clair crée une incertitude sur le futur politique. Les factions rivales, chacune cherchant à asseoir sa domination, exacerbent les tensions et la menace de troubles sociaux.
Historiquement, le Cameroun a connu des phases de stabilité, mais les crises récentes, notamment la crise anglophone et la montée des extrémismes, mettent à jour des fractures profondes dans la société. Ces luttes internes, associées à une concentration inquiétante du pouvoir et des ressources, menacent la cohésion sociale et la paix.
Ces rivalités ne se limitent pas à des affrontements personnels. Elles engendrent des manœuvres politiques marginalisant certaines communautés. Dans un tel climat, les contestations peuvent rapidement dégénérer en violences si elles ne sont pas canalisées correctement.

Les conséquences des luttes d’influence
Les tensions internes au RDPC ont des conséquences devastatrices sur la société camerounaise. L’incertitude liée à la succession présidentielle crée un vide de pouvoir. Dans ce contexte, des factions rivales tentent de renforcer leur position, entraînant conflits internes avec des répercussions sur la population.
Le détournement de ressources publiques et la politisation des services exacerbent les inégalités. Certains ministres proposent des mesures qui renforcent ce déséquilibre, perçues comme des tentatives de contrôle sur des populations déjà fragiles. Ce sentiment d’injustice alimente un terreau propice à la frustration et aux manifestations.
Les factions en concurrence peuvent également pousser des groupes marginalisés à revendiquer leurs droits. L’histoire récente du pays témoigne que des revendications légitimes, si ignorées, peuvent rapidement conduire à des violences.

Vers une transition politique explosive
À l’approche de l’élection présidentielle de 2025, le risque de troubles sociaux est omniprésent. Les luttes d’influence au sein du RDPC, conjuguées à une gestion opaque des ressources et à l’absence de dialogue inclusif, pourraient précipiter une transition politique explosive. Les tensions se cristallisent, et la colère populaire pourrait se manifester si les citoyens se sentent écartés des décisions.
Experts et analystes s’accordent sur la nécessité d’analyses prudentes et d’institutions solides pour réduire ces risques. Promouvoir la transparence et encourager un dialogue constructif entre factions politiques sont des mesures cruciales. Impliquer la société civile dans les processus décisionnels est tout aussi essentiel pour s’assurer que les préoccupations des citoyens soient entendues.
La situation actuelle pose des interrogations pressantes sur la légitimité du pouvoir et la justice sociale. Un État perçu comme corrompu pourrait pousser les citoyens à agir. Il est donc urgent de réformer le paysage politique. La capacité du RDPC à gérer ses luttes internes et à organiser la succession présidentielle influencera considérablement l’avenir du pays.