Le contexte de l’initiative
La 17e édition de la Journée de l’excellence académique à l’Université de Ngaoundéré a marqué une étape déterminante dans la redéfinition de l’employabilité des jeunes. Le Pr Hamadou Boukar, doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion, a souligné l’importance cruciale de former des étudiants en vue de devenir des entrepreneurs. Cette démarche est ancrée dans le cadre plus large du Statut national étudiant-entrepreneur, un dispositif présenté par le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, en janvier 2023.
Ce statut se donne pour objectif d’encourager les étudiants à développer des compétences pratiques tout en considérant l’auto-emploi comme une option valable. En effet, face au chômage des jeunes, une problématique prégnante au Cameroun, l’idée de transformer les étudiants en créateurs d’emplois apparaît comme une promesse d’avenir. Les avantages associés, tels qu’une plus grande flexibilité de l’emploi du temps et un accompagnement sur mesure, constituent des incitations notables pour les étudiants.

Cette initiative répond également à une tendance mondiale où l’entrepreneuriat acquiert une place prépondérante dans l’enseignement supérieur. Les universités s’efforcent d’adapter leurs programmes aux exigences du marché tout en cultivant l’innovation et la créativité chez leurs étudiants.
Les compétences à développer
Pour s’affirmer comme créateurs d’emplois, les étudiants de l’Université de Ngaoundéré doivent se doter de compétences variées. La formation théorique doit s’accompagner d’expériences pratiques. Ateliers, stages et projets collectifs sont essentiels pour acquérir des compétences en gestion, marketing et finance. Ces expériences offrent une immersion dans le monde des affaires et préparent les étudiants aux défis qu’ils rencontreront en tant qu’entrepreneurs.
Le développement des compétences interpersonnelles s’avère tout aussi vital. Savoir collaborer, communiquer efficacement et négocier représente des atouts déterminants. Le vice-recteur, Pr Fidoline Ngo Nonga, a mis l’accent sur la nécessité d’orienter les étudiants vers l’auto-emploi, soulignant qu’un entrepreneur doit bâtir des relations solides avec ses clients, partenaires et employés.
Enfin, la créativité et l’innovation sont des éléments indispensables. Les étudiants doivent apprendre à détecter des opportunités et à élaborer des solutions novatrices. Cela peut passer par des projets de recherche, des hackathons ou divers concours d’entrepreneuriat, des formats qui stimulent la pensée créative et l’ingéniosité.
Les défis à surmonter

Bien que des encouragements et des ressources soient à disposition, les étudiants de l’Université de Ngaoundéré rencontrent plusieurs défis majeurs pour se transformer en créateurs d’emplois. L’un des obstacles les plus marquants est le manque de financement. De nombreux jeunes entrepreneurs ont des difficultés à trouver des fonds pour leurs projets, ce qui freine leur élan. Une sensibilisation accrue des institutions financières est donc essentielle pour soutenir ces jeunes initiatives.
Par ailleurs, le cadre réglementaire peut constituer une entrave à l’entrepreneuriat. Les étudiants doivent naviguer à travers un système souvent complexe, où les démarches administratives peuvent décourager les plus déterminés. Il est crucial que les universités, en coopération avec les autorités locales, s’efforcent de simplifier ces processus et d’assouplir l’accès à l’entrepreneuriat.
Enfin, la culture entrepreneuriale doit être renforcée. Au Cameroun, l’entrepreneuriat est encore considéré par certains comme un risque plutôt qu’une opportunité. Les étudiants doivent être motivés à changer cette perception, en voyant l’entrepreneuriat non seulement comme un moyen de vivre, mais également comme un vecteur d’innovation et de transformation sociale.
Conclusion et perspectives d’avenir
Les étudiants de l’Université de Ngaoundéré sont à un tournant. L’initiative du statut national étudiant-entrepreneur leur offre des outils essentiels pour lutter contre le chômage. En cultivant les compétences requises et en surmontant les obstacles, ils peuvent non seulement se créer des emplois, mais également participer activement à la dynamique économique de leur pays.
Dès lors, la question se pose : comment les universités et les institutions pourront-elles continuer à soutenir ces jeunes dans leur aventure entrepreneuriale ? Quelles nouvelles mesures faudra-t-il mettre en œuvre pour encourager l’innovation et faciliter l’accès au financement ? L’avenir de l’entrepreneuriat au Cameroun repose sur la capacité des étudiants à saisir ces occasions et à transformer leurs idées en projets concrets. https://actucameroun.com/2024/12/09/universite-de-ngaoundere-les-etudiants-pries-de-devenir-des-createurs-demplois/



