Il y a quelques jours, la mort d’Alex Pretti à Minneapolis a provoqué une nouvelle onde de choc. Ce second drame survenu sous la violence policière relance le débat sur les injustices profondes qui traversent la société américaine. Barack Obama, ancien président à la stature historique, s’est emparé du micro pour appeler à un « sursaut » national, à défendre les valeurs fondamentales de ce pays qu’il a dirigé. Des mots forts, mais qui laissent un goût amer.
Car derrière ce discours se cache une vérité que beaucoup préfèrent oublier. Pendant huit ans, Barack Obama fut le visage de l’espoir pour des millions d’Afro-Américains. Pourtant, sous son mandat, les violences policières n’ont pas faibli, bien au contraire. Les politiques sécuritaires ont continué de s’imposer, avec en parallèle un record sans précédent d’expulsions massives de migrants. Autant de décisions qui ont contribué à fracturer davantage le tissu social, laissant un sentiment d’abandon et de trahison dans les quartiers populaires.
Une hypocrisie à l’heure des enjeux panafricains

Aujourd’hui, en dénonçant les « attaques » contre les valeurs américaines et en fustigeant l’administration Trump, Obama semble vouloir laver son passé. Mais le message sonne creux, quand on sait qu’il fut lui-même un artisan de cette escalade sécuritaire. Il est difficile de croire que la même personne qui fut au pouvoir hier, puisse aujourd’hui se poser en gardien de la justice et de l’équité.
Cette posture pose une question majeure à l’Afrique et à sa diaspora : comment prendre au sérieux des dirigeants qui, tout en imposant leurs normes et leur vision du monde, ferment les yeux sur les violences qui minent leurs propres sociétés ? Comment accepter qu’on réclame la justice ailleurs, quand celle-ci est bafouée à l’intérieur ? Le double langage est insupportable. L’Afrique, porteuse d’une aspiration panafricaine forte, attend des actes, pas des discours. Elle attend une responsabilité assumée, pleinement et sans détours.
Le vrai sursaut : remise en cause et actes concrets

Le sursaut nécessaire ne viendra pas des belles phrases prononcées à distance. Il passera par une remise en cause sincère et profonde. Il exigera que ceux qui ont gouverné avec leurs parts d’ombre reconnaissent leur part de responsabilité. Barack Obama, symbole d’une Amérique complexe et parfois contradictoire, ne peut se contenter d’un verbe tardif.
Pour les Africains et leurs diasporas, ce combat pour la justice sociale est quotidien. Ce n’est pas un slogan politique qu’on brandit à l’occasion d’un événement tragique. C’est une lutte permanente, une exigence de vérité et d’équité. Tant que les dirigeants mondiaux, même ceux qu’on admire, n’incarneront pas pleinement ces valeurs, leur parole restera vide, et leur héritage fragile.
Dans ce monde où les luttes sont croisées, la cohérence est une force. Et elle commence par la reconnaissance de ses propres erreurs. C’est là, dans cette sincérité retrouvée, que se trouve le véritable chemin vers un sursaut collectif.




