Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema sera à sa place ce matin, à Malabo en Guinée-équatoriale parmi les chefs d’État et de gouvernement des 79 membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, réunis pour leur 11ᵉ Sommet. L’OEACP a cinquante ans. L’âge des bilans, et celui des décisions qui n’admettent plus l’esquive.
Ce que le monde impose

Soyons précis. Le contexte dans lequel se tient ce Sommet, aujourd’hui 27 mars 2026 n’est pas celui d’une embellie. Les tensions géopolitiques reconfigurent les alliances avec une brutalité que la diplomatie classique peine à absorber. Le changement climatique frappe en premier les États les plus vulnérables, ceux-là mêmes qui siègent dans cette salle tout au long de la journée. La transformation numérique creuse les inégalités plus vite que les politiques publiques ne les comblent. Et les financements promis au développement restent, pour l’essentiel, des promesses. C’est dans ce réel-là, pas dans un autre, que l’OEACP est convoquée à se prononcer.
Un thème qui engage

« Une OEACP transformée et renouvelée dans un monde en mutation. » Le thème retenu pour ce Sommet a le mérite de ne rien dissimuler : l’Organisation sait qu’elle doit changer, ou perdre en pertinence ce qu’elle a mis cinquante ans à construire. Se repositionner dans l’architecture internationale, renforcer la coopération Sud-Sud, peser sur le financement du développement, s’emparer sérieusement du numérique et du climat : voilà ce qui est sur la table. Et la table, cette fois, ne souffre plus les discours sans suite.
Oligui Nguema, le Gabon et le choix du multilatéralisme

La participation du président gabonais à ce Sommet procède d’une logique claire. Libreville a choisi la voie d’une diplomatie active, assumée, qui entend faire entendre la voix du Gabon là où se prennent les décisions qui engagent l’avenir du continent. La promotion d’un développement durable et inclusif n’est pas pour Oligui Nguema une posture de tribune, c’est l’axe d’un positionnement international que ce Sommet vient conforter.
Ce que l’on attend

À l’issue des travaux, une déclaration politique commune sera adoptée. Elle devra trancher sur la résilience, l’inclusion économique, la transition numérique et écologique. Des orientations qui n’auront de sens que si elles se traduisent, de retour dans les capitales, en politiques publiques concrètes. Les populations des États membres, habituées à voir les grandes déclarations mourir entre deux sommets, attendent autre chose que des formules bien ciselées.
En marge des sessions plénières, Forums des jeunes, des femmes, des affaires, table ronde sur le financement et rencontre des petits États insulaires complètent un programme qui dit, au moins, la volonté d’une organisation qui s’efforce d’écouter toutes ses composantes.
Ce que l’Histoire retiendra

L’OEACP a traversé cinquante ans de coopération, de crises et de recompositions. Elle a survécu à des contextes autrement plus adverses que celui d’aujourd’hui. Mais survivre ne suffit plus. Ce 11ᵉ Sommet est, pour elle, le moment de démontrer qu’elle est encore capable de faire la différence. Pas dans les communiqués. Dans les faits.



