Barrières illégales sur la RN1 : Un fléau pour les usagers

Une circulation entravée par des pratiques illégales
La RN1, reliant Kikwit à Kinshasa, est un axe vital pour le transport de personnes et de marchandises en République Démocratique du Congo. Un rapport daté du 9 mars 2026 met en lumière une situation alarmante : la circulation est fortement perturbée par la présence d’une dizaine de barrières illégales. Ces points, contrôlés par des agents de la police, de l’armée et d’autres services non identifiés, sont devenus des lieux de rançonnement pour les chauffeurs, qui doivent payer sans recevoir de documents ou de quittances en retour.
Les localités touchées, comme le Secteur Kwenge, les villages de Kalonda, Misele, Pont Kwango et Menkao, subissent quotidiennement les conséquences de ces pratiques. Usagers, commerçants ou simples voyageurs, tous sont confrontés à des tracasseries et des retards injustifiés. Loin de garantir la sécurité routière, ces barrières engendrent méfiance et insécurité, rendant courant les menaces envers les usagers.
Symphorien Kwengo, vice-président du cadre de concertation de la société civile du Kwango, dénonce ces abus. Il appelle à la formation d’une commission mixte pour identifier les responsables. Son plaidoyer souligne l’urgence d’une action concertée pour restaurer la libre circulation des personnes et des biens sur cet axe stratégique.

Les conséquences économiques et sociales des barrières
Les barrières illégales sur la RN1 ont des conséquences économiques dévastatrices. Elles ralentissent le transport des marchandises, augmentant les coûts logistiques. Les retards causés par ces contrôles abusifs entraînent des pertes financières, particulièrement pour les petites entreprises qui dépendent d’un approvisionnement régulier. De plus, la peur des rançonnements dissuade de nombreux transporteurs, aggravant ainsi la situation économique des localités environnantes.
Sur le plan social, ces pratiques alimentent un sentiment d’injustice. Les chauffeurs, piégés entre la nécessité de se conformer aux exigences des agents et leur désir de refuser l’extorsion, voient leurs droits fondamentaux bafoués chaque jour. Cette spirale peut exacerbationner les tensions entre la population et les forces de l’ordre, censées protéger, mais qui exploitent au contraire.
Des études montrent que de telles pratiques sont souvent liées à un manque de contrôle au sein des institutions publiques. Les barrières illégales sur la RN1 sont symptomatiques d’une gouvernance défaillante et d’une corruption systémique qui entrave le développement du pays.

Les responsabilités des autorités et les solutions possibles
Les autorités congolaises doivent garantir la sécurité et la libre circulation sur les routes nationales. Cependant, la persistance de barrières illégales soulève des questions sur l’efficacité des mécanismes de contrôle en place. Les postes officiels de perception et de contrôle, bien que existants, se révèlent insuffisants face à ces abus, ce qui interroge sur la volonté politique de lutter contre la corruption.
Pour remédier à cette situation, plusieurs solutions émergent. La création d’une commission mixte, comme le propose Symphorien Kwengo, pourrait faciliter l’identification et la sanction des responsables. Renforcer la formation et la supervision des agents de l’État sur le respect des droits des citoyens est essentiel. Enfin, impliquer la société civile dans le suivi des activités des forces de l’ordre favoriserait une meilleure transparence.
La situation sur la RN1 illustre les défis de la République Démocratique du Congo en matière de gouvernance et de respect des droits humains. Les barrières illégales ne sont pas seulement des obstacles physiques, mais un symbole des dysfonctionnements systémiques qui requièrent une attention immédiate et des actions concrètes.
Face à cette réalité, il est légitime de se demander : quelles mesures concrètes les autorités prendront-elles pour mettre fin à ces abus ? Comment la société civile peut-elle jouer un rôle actif dans la lutte contre la corruption et la défense des droits des usagers ? Les réponses à ces questions pourraient déterminer l’avenir de la circulation sur cette route essentielle.




