jeudi 12 février 2026

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Fête de la jeunesse : enjeux et espoirs au Cameroun

La Fête de la jeunesse au Cameroun : Histoire et enjeux

Origines et symbolisme de la fête

La Fête de la jeunesse au Cameroun, célébrée chaque 11 février, puise ses origines dans une page marquante de l’histoire nationale : le référendum du 11 février 1961. Ce jour-là, les électeurs de la région du Cameroun britannique avaient le choix entre le Nigéria et la République du Cameroun francophone. Bien que ces derniers n’aient pas voté, leur soutien au rattachement a été déterminant. Ce choix a scellé le sort du Cameroun britannique septentrional, un moment soulignant à la fois la perte et l’espoir.

Le symbolisme de cette journée est double. Elle évoque un souvenir amer, un deuil national avec des drapeaux en berne, en hommage aux luttes pour l’unité. En même temps, elle célèbre l’harmonie entre anglophones et francophones, comme le montrent les villes de Bamenda et de Buéa, qui se sont prononcées en faveur du rattachement. Ainsi, la fête devient un espace de joie mêlé de réflexions sur les défis persistants de notre nation en quête de cohésion.

Cette dualité est cruciale pour appréhender le rôle de cette fête dans le paysage sociopolitique camerounais. Elle se positionne comme l’une des deux célébrations nationales majeures, aux côtés du 20 mai. Par cette fête, le gouvernement met en avant l’importance de la jeunesse dans le développement du pays, soulignant son rôle fondamental et vital.

Les enjeux contemporains de la jeunesse

À l’aube de la 60ème édition de la Fête de la jeunesse en 2026, le thème choisi, « Jeunesse au cœur des grandes espérances, pour un Cameroun uni, stable et prospère », reflète les aspirations d’une génération désireuse de changement. Dans son discours traditionnel, le président Paul Biya a promis d’écouter les préoccupations des jeunes, les plaçant au centre de son mandat. Cependant, cette promesse suscite souvent du scepticisme.

Les jeunes camerounais, représentant une part significative de la population, font face à des défis considérables : chômage, manque d’opportunités, et un attrait grandissant pour l’émigration. Les mesures annoncées, comme la création d’un fonds spécial de 50 milliards de Fcfa dédié à l’autonomisation économique des femmes et à l’emploi des jeunes, soulèvent de grands espoirs. Néanmoins, leur mise en œuvre demeure floue, et ces initiatives sont souvent perçues comme des solutions temporaires, au lieu de réformes structurelles nécessaires.

La définition de la « jeunesse » elle-même est sujette à interprétation. Le Ministère de la Jeunesse établit cette tranche d’âge entre 15 et 35 ans, tandis que le président Biya en élargit le spectre de 7 à 77 ans. Cette confusion interroge l’inclusion des citoyens plus âgés dans les décisions politiques. De plus, elle soulève des questions sur la véritable représentation des jeunes dans les instances décisionnelles, ainsi que sur leur capacité à façonner l’avenir du pays.

Vers une célébration de l’unité et de l’avenir

La Fête de la jeunesse ne se réduit pas à une simple commémoration ; elle constitue un véritable appel à l’action pour les jeunes du Cameroun. En 2026, alors que ce moment emblématique est à célébrer, il est essentiel de se pencher sur les moyens de concrétiser les promesses formulées. Les discours porteurs d’espoir devront être soutenus par des mesures tangibles pour redorer la confiance d’une jeunesse de plus en plus désillusionnée.

Des figures charismatiques comme Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football, incitent les jeunes à « oser, innover et croire en un Cameroun plus grand ». Ce message d’encouragement doit être appuyé par des politiques favorables à l’entrepreneuriat, à l’éducation, et à l’accès à l’emploi. Les jeunes doivent être perçus comme des acteurs clés dans la construction d’un avenir meilleur, bien plus que de simples bénéficiaires des programmes gouvernementaux.

En somme, la Fête de la jeunesse est une célébration de l’unité nationale, mais également un rappel des défis à relever. À l’approche de cette 60ème édition, il est impératif de se questionner : comment les jeunes peuvent-ils véritablement s’engager dans la construction d’un Cameroun uni, stable et prospère ? Quelles actions concrètes peuvent être mises en place pour garantir que les espoirs exprimés se transforment en changements significatifs dans le quotidien des jeunes ?

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