Milices en RDC : Un Impact Dévastateur sur la Stabilité Régionale

Les Milices et leur Rôle dans le Conflit Congolais
Depuis des décennies, la République Démocratique du Congo (RDC) subit une instabilité chronique, alimentée par de nombreux groupes armés. Parmi eux, les milices Wazalendo, qui soutiennent l’armée congolaise contre les rebelles du M23, se sont récemment fait remarquer par leur rôle dans des combats internes. Composées majoritairement d’anciens maï-maï, ces milices sont accusées de crimes tels que l’extorsion et le pillage. De tels agissements soulèvent des questions cruciales concernant la sécurité des civils.
Le décret gouvernemental de septembre 2023 a légalisé leur collaboration avec les Forces armées de la RDC (FARDC), leur conférant une légitimité inquiétante. Stewart Muhindo, analyste en sécurité, prévient que cette situation complique le contrôle sur ces groupes, qui pourraient devenir une menace à long terme. Des affrontements récents entre factions rivales de Wazalendo à Butembo, avec des pertes civiles, illustrent parfaitement cette complexité.
Les milices ne sont pas de simples acteurs locaux. Elles sont également influencées par des dynamiques régionales. La présumée aide du Rwanda au M23 complique la situation et a des répercussions profondes sur la stabilité régionale. Le contrôle des ressources naturelles, notamment minérales, par des groupes armés alimente la violence et la corruption.

Les Conséquences Humanitaires et Sociales
La présence des milices en RDC engendre des conséquences humanitaires catastrophiques. Un rapport de l’ONU publié en janvier 2026 met en évidence le recrutement forcé de jeunes et de mineurs par l’AFC/M23, exacerbant ainsi la crise humanitaire. Les civils sont souvent contraints de céder sous prétexte de contrôles d’identité, tandis que les nouvelles recrues subissent un entraînement militaire accéléré, en violation du droit international humanitaire.
Les populations locales, déjà éprouvées par des années de conflit, se trouvent souvent coincées entre les milices et les forces gouvernementales. À Béni, Goma et Masisi, des activistes ont relayé un quotidien empreint de peur et de déplacements forcés. Ils dénoncent également des taxes illégales imposées par le M23-AFC, qui pèsent lourdement sur des familles déjà fragilisées. Cette dynamique engendre un cercle vicieux où la violence engendre plus de violence, rendant la paix de plus en plus difficile.
Les appels à mettre fin aux hostilités et à protéger les civils se multiplient, mais la réponse du gouvernement et de la communauté internationale reste souvent insuffisante. C’est d’autant plus préoccupant que les milices, en s’accaparant les ressources minières, renforcent leur pouvoir, rendant toute résolution pacifique du conflit encore plus laborieuse.

Vers une Stabilité Durable ?
La question de la stabilité en RDC est inextricablement liée à la dynamique des milices. Les récents événements à Uvira, avec la prise de contrôle des Wazalendo après le retrait des éléments de l’AFC-M23, soulignent cette instabilité persistante. Certains habitants voient d’un bon œil l’arrivée des Wazalendo, tandis que d’autres craignent les conséquences des pillages et des violences en l’absence d’un contrôle adéquat.
Les experts s’accordent sur le fait que la solution à cette crise ne passe pas seulement par le déploiement de forces armées. Il est essentiel de s’engager sérieusement envers le développement socio-économique des régions touchées. La communauté internationale doit jouer un rôle actif en soutenant les initiatives de paix et en veillant à ce que les ressources naturelles ne soient pas détournées pour financer des conflits. La transparence dans la gestion des ressources et la promotion des droits humains sont des éléments clés pour restaurer la confiance des populations.
La situation en RDC soulève des questions critiques : comment les acteurs internationaux peuvent-ils intervenir efficacement pour stabiliser la région ? Quelles mesures doivent être mises en place pour assurer la sécurité des civils face à la montée des milices ? La réponse à ces questions déterminera non seulement l’avenir de la RDC, mais aussi celui de toute la région des Grands Lacs, où l’instabilité d’un pays peut rapidement s’étendre aux autres.




