Crise en RDC : Les critiques de Martin Fayulu

Un diagnostic sévère de la situation actuelle
Martin Fayulu, président du parti ECiDé, n’hésite pas à exprimer des critiques acerbes sur la gestion de la crise en République démocratique du Congo (RDC) par le président Félix Tshisekedi. Dans un message poignant daté du 31 décembre 2025, Fayulu dénonce la tendance du gouvernement à privilégier les initiatives diplomatiques internationales, au détriment d’un dialogue national inclusif. Pour lui, cette approche reste insuffisante face à la complexité des crises que traverse le pays, crises qu’il attribue à un « hold-up électoral » survenu lors des élections de décembre 2018. Ce terme, lourd de conséquences, implique une manipulation du processus électoral au profit de certains intérêts au détriment de la volonté populaire.
Fayulu ne se limite pas à critiquer la stratégie diplomatique de Tshisekedi ; il met aussi en évidence les conséquences désastreuses de cette gestion. Selon lui, la transition du pouvoir de Joseph Kabila à Félix Tshisekedi n’a ni apporté la paix ni instauré la stabilité tant recherchées. Au contraire, elle aurait affaibli l’État et miné les institutions. Sa réflexion s’inscrit dans un contexte historique marqué par des conflits internes et une gouvernance instable, exacerbée par les ingérences extérieures, notamment du Rwanda.
L’élu aborde ensuite l’insécurité croissante et la menace pesant sur la souveraineté nationale. Il appelle à une prise de conscience collective, affirmant que « rien ne changera sans le peuple ». Ce cri du cœur semble être un véritable appel à l’engagement citoyen, en particulier auprès de la jeunesse congolaise, dont le rôle est essentiel dans la dynamique politique du pays.

Un appel urgent à un dialogue national inclusif
Face à cette crise multidimensionnelle, Fayulu souligne l’urgence d’un dialogue national inclusif. Lors d’une récente réunion du Conseil national de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé) le 30 décembre 2025, il a exigé que le président Tshisekedi convoque ce dialogue dès le premier trimestre 2026. Pour Fayulu, ce processus est crucial afin d’identifier les causes profondes de la crise et de restaurer la cohésion nationale.
Ce dialogue ne viserait pas seulement à discuter, mais à définir des solutions durables permettant au peuple congolais de reprendre en main son destin. Fayulu mentionne également le Pacte social pour la paix, proposé par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), comme un cadre potentiel pour ces discussions. Un tel cadre pourrait favoriser la réconciliation nationale et des négociations de paix, en tenant compte des préoccupations des différentes parties impliquées.
De plus, Fayulu critique l’accord d’intégration économique régionale signé avec le Rwanda, qu’il considère comme un véritable piège pour la RDC. Il insiste sur la nécessité d’aborder les questions de sécurité, en particulier la guerre qui sévit dans l’est du pays, souvent alimentée par des intérêts extérieurs. Cette position souligne l’importance d’une approche interne et inclusive pour résoudre les conflits, au lieu de se reposer uniquement sur des solutions extérieures.

Les implications d’un dialogue inclusif
La proposition de Fayulu pour un dialogue national inclusif suscite des interrogations sur l’avenir politique de la RDC. Un tel dialogue pourrait offrir une plateforme pour aborder les préoccupations des citoyens, mais il requiert également une volonté politique de la part du gouvernement. La résistance de Tshisekedi à convoquer ce dialogue pourrait prolonger la crise, engageant ainsi sa responsabilité politique, comme le souligne Fayulu.
Les résultats d’un dialogue efficace pourraient être significatifs. Ils permettraient de restaurer la confiance entre le gouvernement et le peuple, tout en ouvrant la voie à des réformes institutionnelles nécessaires pour garantir la transparence électorale et la légitimité du pouvoir. Fayulu souligne l’importance de mécanismes adéquats pour assurer des élections transparentes, un élément fondamental pour la stabilité à long terme de la RDC.
En somme, la situation en RDC est complexe et exige une approche globale. Les critiques de Fayulu mettent en exergue les défis du pays, tout en appelant à une mobilisation citoyenne pour faire entendre la voix du peuple. La question demeure : la RDC est-elle prête à s’engager dans un dialogue inclusif pour sortir de cette impasse ? Les réponses à cette interrogation détermineront non seulement l’avenir politique du pays, mais aussi le bien-être de ses citoyens.



