Analyse de la Gouvernance au Cameroun

Un État en Déliquescence
La gouvernance au Cameroun est désormais teintée de déliquescence. Les institutions, présentes sur le papier, semblent fonctionner sans autorité ni légitimité. Jean-Pierre Bekolo évoque un pays en état de « post-gouvernance ». Pour lui, les structures gouvernementales se réduisent à des « fantômes » administrant des « ruines ». Pendant ce temps, la population subit des conditions de vie indignes.
Mamadou Mota, vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), critique ouvertement le communiqué gouvernemental sur la traçabilité de l’or. Pour lui, c’est un aveu d’échec. Malgré l’exportation de 15 000 kilos d’or, les Camerounais souffrent. Infrastructures éducatives et sanitaires sont à l’agonie. Ce contraste entre richesse naturelle et pauvreté généralisée souligne l’incapacité de l’État à gérer ses ressources.
La mauvaise gestion des ressources naturelles alimente les critiques. Mota qualifie cette situation de « pillage à ciel ouvert ». Les statistiques révèlent un fossé alarmant entre l’or déclaré à l’exportation et celui réellement exporté. Cela soulève de sérieuses interrogations sur la transparence et l’intégrité des institutions en place.

Les Conséquences Socio-Économiques
Les effets de cette mauvaise gouvernance sur la crise socio-économique sont dévastateurs. Me Alice Nkom, porte-parole d’Issa Tchiroma, souligne que la gabegie financière assèche les caisses de l’État. Le pouvoir d’achat de millions de Camerounais s’effondre. Les petites et moyennes entreprises, vitales pour l’économie locale, peinent à survivre face à une instabilité grandissante.
La situation est d’autant plus inquiétante avec une agriculture délaissée et une dette publique qui explose. Les jeunes, souvent laissés à l’abandon, vivent dans la peur et l’incertitude. Beaucoup choisissent l’exil, tandis que d’autres sombrent dans le désespoir. Benjamin Zebaze souligne la mélancolie qui assombrit les fêtes de fin d’année, un symbole poignant de la désolation économique vécue par tant de familles.
Les conséquences de cette crise ne s’arrêtent pas à l’économie. Elles engendrent également une violence sociale, alimentée par la répression des libertés publiques et une corruption omniprésente. Dr Aristide Mono évoque la violente répression post-électorale de 2025, qui a laissé des cicatrices indélébiles dans la société camerounaise.

Vers une Réflexion Collective
Face à cette crise alarmante, des voix s’élèvent pour appeler à une introspection. Le Pr Vincent Sosthène Fouda plaide pour des réformes structurelles, tel que la réduction du mandat présidentiel. Cela pourrait favoriser un véritable renouvellement politique. Une lueur d’espoir dans un paysage obscurci par des décennies de mauvaise gouvernance.
La nécessité d’un dialogue inclusif est mise en avant par Maurice Kamto, qui milite pour une résolution pacifique de la crise anglophone. Un tel dialogue pourrait rétablir la confiance entre le gouvernement et la société, en abordant les préoccupations légitimes des citoyens. Mais la question demeure : le régime actuel est-il disposé à emprunter cette voie ?
En somme, l’analyse de la gouvernance au Cameroun brosse un tableau sombre. La mauvaise gestion des ressources, l’absence de vision politique claire, plongent le pays dans une profonde crise socio-économique. La route vers la rédemption s’annonce difficile, mais elle demeure vitale pour restaurer la dignité nationale et promettre un avenir meilleur aux générations futures.



