Depuis la levée du couvre-feu par les autorités de transition, le Gabon retrouve peu à peu un rythme de vie plus apaisé. Cette mesure, qui marque une rupture avec la gouvernance d’Ali Bongo Ondimba, répond aux attentes populaires exprimées de longue date. Pour la population et les acteurs économiques, c’est un signal fort qui redonne espoir quant à l’avenir du pays.
Une rupture avec l’ancien régime

Sous le pouvoir d’Ali Bongo, le couvre-feu imposé officiellement pour des raisons sanitaires s’était prolongé bien au-delà des pics de la pandémie de COVID-19. Devenu une contrainte pesante sur les libertés publiques et la vie économique, il était perçu par de nombreux Gabonais comme un instrument de contrôle politique. Son maintien indéfini avait cristallisé un ressentiment profond, notamment parmi les commerçants et les travailleurs du secteur informel, durement affectés par cette restriction.
En levant cette mesure, les nouvelles autorités de transition affichent une volonté claire de rupture avec les pratiques du régime précédent. Elles affirment ainsi leur intention de répondre aux aspirations populaires tout en facilitant la relance économique.
Une économie en quête de relance

Le couvre-feu prolongé avait eu des répercussions lourdes sur de nombreux secteurs d’activité. La fermeture anticipée des commerces et des restaurants, la restriction de la circulation nocturne et l’impact psychologique de ces limitations avaient freiné la consommation et l’investissement. Désormais, la levée de cette contrainte permet un regain de dynamisme, en particulier pour le secteur informel qui constitue une part significative de l’économie gabonaise.
Les premiers indicateurs économiques semblent confirmer une légère reprise. Le retour d’une activité nocturne stimule la consommation locale et favorise la création d’emplois, notamment dans la restauration, les transports et le divertissement. Cependant, cette dynamique reste fragile et conditionnée à la stabilité politique et à la mise en place de mesures structurelles pour soutenir la croissance.
Un test pour les nouvelles autorités

Si la levée du couvre-feu est saluée par la population, elle constitue également un test pour la transition. Les attentes sont immenses et la patience des citoyens demeure limitée. La transition devra prouver qu’elle ne se limite pas à des gestes symboliques, mais qu’elle s’inscrit dans une dynamique de réformes profondes.
La stabilité du pays dépendra de la capacité du pouvoir transitoire à instaurer une gouvernance transparente, à lutter contre la corruption et à préparer un processus électoral crédible. En somme, si cette levée du couvre-feu marque un pas en avant, elle n’est que la première étape d’un chantier plus vaste et plus complexe : celui de la reconstruction institutionnelle et économique du Gabon.