Les Déclarations d’Albert Ondo Ossa sur l’Élection Présidentielle

Un Appel à l’Annulation de l’Élection
Albert Ondo Ossa, ancien candidat à la présidentielle gabonaise, a récemment émis des déclarations saisissantes concernant l’élection prévue le 12 avril 2025. Lors d’une conférence de presse le 30 mars, il a déclaré que cette élection devait être annulée, la qualifiant de leurre destinée à légitimer un « coup d’État » institutionnel. En cette période de tensions politiques, la légitimité des institutions et des dirigeants fait débat.
En énonçant ses inquiétudes quant à une éventuelle victoire de Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition, Ondo Ossa a désigné Oligui Nguema comme un « imposteur ». Il a insisté sur le fait que la victoire de l’élection de 2023 lui revenait légitimement. Ces propos, au-delà de révéler son ambition politique, visent à galvaniser un soutien populaire contre ce qu’il considère comme une usurpation du pouvoir.
Pour justifier l’annulation de l’élection, Ondo Ossa a esquissé deux scénarios. Soit un nouveau chef d’État serait intronisé, soit l’élection, qui ne ferait qu’aggraver la crise, serait maintenue. Il a prévenu que la victoire d’Oligui Nguema plongerait le Gabon dans une incertitude inquiétante, en incitant ses partisans à revendiquer sa propre victoire de 2023.

Les Conséquences d’une Élection Non Légitime
Les affirmations d’Ondo Ossa suscitent des interrogations importantes sur la légitimité du processus électoral au Gabon. En qualifiant l’élection de 2025 de « leurre », il remet en question l’essence même de la démocratie dans le pays. Si Oligui Nguema venait à être déclaré vainqueur, Ondo Ossa prédit un avenir sombre, marqué par l’autoritarisme et l’instabilité.
Cette situation évoque des chapitres sombres de l’histoire politique gabonaise, où des élections ont été marquées par fraudes et violences. Les événements du 30 août 2023, qui ont conduit à un coup d’État et à l’annulation des résultats de l’élection présidentielle, sont encore présents dans les mémoires. Ondo Ossa semble jouer sur cette mémoire collective pour rassembler ses partisans et dénoncer une manipulation insidieuse du système électoral.
Les experts en politique gabonaise s’accordent à dire que le contexte actuel est délicat. Selon le politologue Jean-Pierre Mamboundou, « la légitimité des élections est cruciale pour la stabilité d’un pays. Si les citoyens ne croient plus à la transparence du processus électoral, cela pourrait engendrer des troubles sociaux et une crise politique prolongée ». Les discours d’Ondo Ossa pourraient donc porter des conséquences bien plus vastes que la simple contestation d’une élection.

Mobilisation et Réactions des Partis Politiques
Dans ce contexte tendu, Ondo Ossa exhorte les Gabonais à se lever contre la tenue de l’élection. Il souligne l’importance de chaque voix, appelant à user de tous les moyens politiques, démocratiques et diplomatiques pour faire entendre leur opposition. Cette mobilisation pourrait revêtir diverses formes, allant de manifestations pacifiques à des actions plus structurées pour contester le régime.
Les réactions auprès des autres partis politiques et acteurs de la société civile divergent. Certains expriment leur soutien envers Ondo Ossa, tandis que d’autres prônent un équilibre, craignant que des actions trop radicales n’accentuent les tensions. Le climat politique est électrique et les semaines à venir seront décisives pour l’issue de cette crise.
Les déclarations d’Ondo Ossa et les tensions qui en découlent soulèvent des questions fondamentales sur l’avenir du Gabon. La menace d’un nouveau coup d’État, comme il l’indique, ne doit pas être prise à la légère. Les Gabonais doivent s’interroger sur la direction qu’ils souhaitent donner à leur pays et les valeurs démocratiques qu’ils souhaitent défendre.