Un front de refus contre le dialogue avec le M23
Kinshasa, le 11 février 2025 – La tension monte en République Démocratique du Congo (RDC) alors que William Yakotumba, figure de la résistance armée et leader du mouvement maï-maï Forces Armées Alliées (FAA), a exprimé une opposition catégorique à toute négociation entre le gouvernement de Félix Tshisekedi et les rebelles du M23.
Dans une déclaration sans équivoque, Yakotumba a rejeté tout compromis avec la rébellion, qu’il accuse de n’être qu’un relais des ambitions rwandaises sur le territoire congolais. « Nous rejetons toute négociation que le président Félix pourrait mener avec les rebelles du M23_RDF_AFC. Négocier avec eux signifie accepter de trahir notre pays et l’Est de la RDC », a-t-il martelé dans un message diffusé sur ses canaux de communication.
Un homme sous sanctions, mais toujours influent

Cette sortie intervient alors que Washington a récemment inscrit William Yakotumba sur la liste des personnalités congolaises sanctionnées pour leur rôle présumé dans l’instabilité sécuritaire en RDC. Le Département du Trésor américain lui reproche des violations des droits de l’Homme et des attaques contre les civils. Pourtant, loin d’être affaibli, le chef maï-maï semble plus que jamais déterminé à refuser toute forme d’ouverture avec le M23, mouvement rebelle qu’il considère comme une « marionnette de Kigali ».
Un dialogue sous haute tension
Du côté de Kinshasa, la position de Félix Tshisekedi sur le M23 oscille entre fermeté militaire et ouverture diplomatique sous la pression de la communauté internationale. Si l’option d’une solution politique n’est pas officiellement exclue, elle reste impopulaire auprès de plusieurs acteurs congolais, notamment les groupes armés locaux qui, à l’instar de Yakotumba, voient toute discussion comme une capitulation face à une force qu’ils jugent illégitime.
En parallèle, la situation sur le terrain demeure volatile. Malgré les efforts des Forces Armées de la RDC (FARDC) et de la force régionale de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EACRF), le M23 maintient ses positions stratégiques dans le Nord-Kivu, et les combats sporadiques se poursuivent.
Quelle issue pour le conflit ?

Alors que la RDC s’approche de la présidentielle de 2025, la question du M23 demeure un défi majeur pour le pouvoir en place. L’opposition de figures comme William Yakotumba à toute négociation met en lumière une fracture au sein des forces congolaises face à la gestion de ce conflit.
Si Félix Tshisekedi opte pour le dialogue, il devra composer avec la colère des groupes armés nationaux et d’une partie de l’opinion publique qui voit dans le M23 un ennemi à éradiquer, et non un interlocuteur légitime. Dans le cas contraire, une intensification militaire pourrait plonger encore davantage l’Est du pays dans un cycle de violence sans fin.
L’heure est donc à un choix stratégique crucial pour Kinshasa : privilégier la voie diplomatique sous pression extérieure, ou céder à la ligne dure prônée par des figures comme Yakotumba, quitte à s’enfoncer dans une guerre prolongée.