« Face à l’Afrique », ce qu’a dit Oligui Nguema

En marge de sa visite d’État à Paris, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema s’est prêté à un exercice médiatique devenu presque habituel : une interview exclusive pour l’émission « Face à l’Afrique », diffusée le 23 juillet sur Africa24. Trois journalistes africains l’ont interrogé : Régine Gwladys Lebouda, Éric Golf Kouachou et Dalinie Mvemba.

Le choix du format n’est pas anodin. Plutôt qu’un média strictement français, la présidence a privilégié un plateau à vocation panafricaine, signe d’une volonté de projeter une image de leader africain au-delà du seul dossier franco-gabonais qui dominait l’actualité de son séjour parisien.

Plusieurs thèmes ont été abordés au cours de ses 25 minutes d’entretien. Le président Oligui est revenu, tour à tour, sur les grandes orientations de son « projet de société », dans la continuité du discours qu’il a tenu depuis son élection : gouvernance publique, infrastructures, diversification économique et réformes structurelles.

Les enjeux diplomatiques du continent, plus largement, ainsi que sa distinction au Prix du Courage politique, reçue quelques jours plus tôt à Paris, ont permis au chef de l’État de présenter son action sous l’angle d’un encouragement collectif plutôt que d’une autosatisfaction personnelle.

Oligui Nguema a aussi évoqué le soutien de pays africains à la candidature de l’ancien président sénégalais au poste de secrétaire général des Nations unies, un sujet qui inscrit le Gabon dans les jeux d’influence diplomatique continentale, au moment où plusieurs capitales africaines cherchent à peser davantage sur les nominations aux postes multilatéraux. En ce qui concerne les relations avec l’Alliance des États du Sahel (AES), Oligui Nguema a insisté sur la nécessité de dépasser les tensions entre pays africains, plaidant pour l’unité plutôt que la division.

Cette séquence médiatique confirme une stratégie de communication à deux vitesses pendant le séjour parisien : d’un côté, la diplomatie bilatérale classique avec la France (manganèse, base militaire, financements) ; de l’autre, un message adressé directement aux opinions publiques africaines, valorisant le leadership continental du président gabonais plutôt que sa proximité avec l’ancienne puissance coloniale.

Le titre même de l’émission reprend une formule du président : la nécessité de « mettre fin aux mésententes entre Africains » pour « se serrer les coudes » et faire progresser le continent. Un message d’unité panafricaine qui tranche avec la tonalité bilatérale du reste de son séjour, et qui permet à Oligui Nguema de se positionner en fédérateur, un an après son élection à la tête de la Ve République gabonaise.

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