Un scandale financier d’une ampleur exceptionnelle secoue aujourd’hui le Congo-Brazzaville. Deux ressortissants norvégiens et une filiale africaine du géant pétrolier norvégien Petronor ont été inculpés pour « corruption aggravée », dans une affaire révélant des pots-de-vin de plusieurs millions de dollars liés à l’octroi de permis pétroliers. Au cœur du système, le président Denis Sassou-Nguesso et des membres de sa famille proche sont pointés du doigt comme bénéficiaires directs.
Une enquête née d’une transaction suspecte à Monaco

Tout commence par une transaction jugée « suspecte » vers une banque de Monaco. Alertée, la cellule de renseignement financier monégasque déclenche une enquête et fait appel aux autorités norvégiennes. L’Okokrim, l’organisme chargé de la lutte contre la criminalité économique en Norvège, prend rapidement le dossier en main.
Avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux, notamment les États-Unis et la France, l’enquête met au jour un réseau de corruption « à grande échelle », organisé sur une décennie.
Hemla Africa Holding, l’acteur central du scandale

Au centre du dossier figure Hemla Africa Holding, filiale à 100 % du groupe norvégien Petronor E&P, coté à la Bourse d’Oslo. Cette société détient 75 % des parts d’Hemla E&P Congo (HEPCO), la structure locale titulaire des permis pétroliers. Les 25 % restants appartiennent à MGI International, une société congolaise contrôlée par des membres proches de la famille présidentielle.
Les deux cadres norvégiens inculpés auraient facilité des versements réguliers de dividendes d’HEPCO à MGI, permettant ainsi à Denis Sassou-Nguesso, via sa famille, de toucher au moins 24,68 millions de dollars entre 2014 et 2024, selon l’acte d’accusation.
Le pétrole congolais, une manne détournée au profit d’une élite

Ce dossier met en lumière une triste réalité : la richesse pétrolière, pourtant cruciale pour l’économie du Congo, est détournée par un système opaque favorisant une élite politique et économique restreinte.
Alors que la majorité des populations congolaises continue de faire face à la pauvreté, ces révélations nourrissent un profond sentiment d’injustice et posent la question de la gouvernance et de la transparence dans l’exploitation des ressources naturelles.
Une coopération internationale exemplaire

Cette affaire illustre la montée en puissance de la coopération judiciaire et financière internationale dans la lutte contre la corruption transnationale.
Monaco, en tant que centre financier, a détecté la transaction suspecte. La Norvège, aidée par les États-Unis et la France, a mené des investigations approfondies, témoignant d’un travail concerté pour faire éclater la vérité.
Le régime Sassou-Nguesso sous pression

Le président Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis plus de 30 ans, est régulièrement critiqué pour sa gouvernance autoritaire et son entourage corrompu. Ce dossier pourrait s’avérer un nouveau coup dur, fragilisant sa stature et son contrôle sur le pays.
La communauté internationale et les organisations de lutte contre la corruption exigent désormais des éclaircissements et des mesures concrètes. Ce scandale est un test crucial pour la crédibilité du régime et la possibilité d’une vraie réforme au Congo-Brazzaville.
Un tournant pour la région ?

Plus largement, cette affaire pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la corruption en Afrique centrale.
Si la justice norvégienne va plus loin dans les poursuites, cela enverra un signal fort contre l’impunité des élites africaines et encouragera davantage de transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Mais c’est avant tout sur le sol congolais que le changement devra se jouer. Les citoyens, exaspérés par les inégalités criantes et les détournements, réclament justice et transparence. https://www.lalibre.be/dernieres-depeches/2026/01/26/deux-norvegiens-et-une-filiale-de-petronor-inculpes-pour-corruption-au-congo-brazzaville-M7PIGLYR5ZGMDGTEX5ICMKIWQM/




