jeudi 29 janvier 2026

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Crise humanitaire en RDC : urgences et défis à relever

Situation humanitaire critique dans l’Est de la RDC

Contexte des déplacements massifs

La République démocratique du Congo (RDC) traverse une crise humanitaire sans précédent, aggravée par des conflits armés persistants, particulièrement dans l’Est du pays. Les affrontements entre les forces gouvernementales et des groupes rebelles, comme l’AFC/M23 pro-Rwanda, ont provoqué des déplacements massifs de populations. Un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), daté du 17 janvier 2026, indique que près de 1 300 ménages, soit environ 7 962 personnes, ont fui Kiwanja entre juillet et décembre 2025. Ce déplacement massif illustre une menace constante pour la sécurité des civils.

Dans le territoire de Masisi, plus de 24 300 personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers vers Nyalipe et Mobeko depuis la mi-novembre 2025. Ces mouvements sont souvent le résultat de combats violents, laissant les déplacés dans des conditions précaires et sans accès adéquat à l’aide humanitaire. Les témoignages poignants de figures comme Kahindo Kathuviri Jusmine et Jeanne Mudogo mettent en lumière la détresse des familles face à la faim et au manque de soins médicaux.

Cette situation est encore exacerbée par l’absence de réponses humanitaires suffisantes. Les organisations comme le Projet intégré de développement économique communautaire (PIDEC) sont obligées de suspendre leurs activités, entraînant des licenciements et une réduction des services essentiels. Pire encore, l’USAID, qui finançait environ 70 % du plan d’aide humanitaire national, a annoncé son retrait en janvier 2025, laissant un vide humanitaire béant.

Conséquences sur la santé et la sécurité des populations

Les conséquences des mouvements de populations sur la santé et la sécurité sont alarmantes. Les déplacés vivent trop souvent dans des conditions insalubres, sans accès à l’eau potable ni à des infrastructures sanitaires adéquates. Des épidémies de choléra et de rougeole, signalées parmi les réfugiés, révèlent leur vulnérabilité. La ministre d’État, Ève Bazaiba Masudi, a annoncé près de 200 cas de choléra et une vingtaine de cas de rougeole parmi les Congolais réfugiés au Burundi, accentuant l’urgence d’une intervention humanitaire.

Par ailleurs, les violences basées sur le genre, comme les viols utilisés comme arme de guerre, sont en forte augmentation. Human Rights Watch a recensé plus de 80 000 cas de viol entre janvier et septembre 2025, soit une hausse de 32 % par rapport à l’année précédente. Ces actes se produisent souvent lors des déplacements forcés, aggravant le sort des femmes et des enfants, déjà les plus touchés par cette crise.

Les conditions de vie des déplacés sont également marquées par un manque de nourriture et de soins médicaux. Les témoignages de ceux ayant perdu des proches faute de soins révèlent l’urgence d’une réponse humanitaire globale. Les ONG locales, essentielles pour l’assistance aux populations vulnérables, sont souvent contraintes de réduire leurs activités en raison du manque de financement et de l’insécurité persistante.

Appels à l’action et perspectives d’avenir

Face à cette crise humanitaire alarmante, des acteurs de la société civile et des responsables politiques lancent un appel à une mobilisation urgente. Joseph Sabuni, représentant de la société civile à Beni, insiste sur la nécessité pour le gouvernement congolais d’assumer ses responsabilités et d’investir dans les services sociaux de base. La communauté internationale est également exhortée à ne pas détourner le regard, car cette crise requiert une attention soutenue et des ressources adéquates.

Les autorités congolaises, par l’intermédiaire de la ministre d’État, ont appelé à la solidarité nationale pour soutenir les populations déplacées, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières. Ce contexte est d’autant plus préoccupant que le financement humanitaire continue de diminuer, compliquant l’octroi d’aide. Le plan de réponse humanitaire pour 2026, évalué à 23 milliards de dollars pour aider 87 millions de personnes, reste largement sous-financé, avec seulement 22 % de ses besoins couverts.

Une intervention humanitaire renforcée est donc cruciale pour prévenir une crise prolongée. Les acteurs humanitaires soulignent l’importance d’un accès humanitaire sécurisé et sans entrave, tout en appelant à des initiatives de médiation pour mettre fin aux hostilités. La situation actuelle dans l’Est de la RDC pose des défis fondamentaux concernant la paix, la sécurité et la dignité humaine, et il est impératif que la communauté internationale agisse rapidement pour faire face à cette crise humanitaire profonde.

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