Impact du programme « Bus de Nuit Ya Ofele » à Kinshasa

Une réponse aux défis de la mobilité nocturne
Lancé par le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, le programme « Bus de Nuit Ya Ofele » marque une avancée majeure pour la mobilité nocturne dans la capitale congolaise. Ce service gratuit, disponible de 22h00 à 4h59, répond à un besoin urgent pour de nombreux Kinois, notamment ceux ayant des horaires de travail ou d’études tardifs. En à peine 17 jours, plus d’un million de passagers ont utilisé ce service, soulignant sa pertinence et son potentiel d’amélioration de la qualité de vie.
Les témoignages de passagers, comme Lina Ketsia de Matadi Mayo, mettent en évidence l’importance cruciale de cette initiative pour ceux qui doivent se déplacer la nuit. Cependant, des inquiétudes demeurent concernant la sécurité des trajets. La peur de la criminalité, souvent alimentée par des récits de violence urbaine, dissuade de nombreuses femmes, comme l’a exprimé Fatuma Ngondji, de sortir la nuit. Ainsi, même si cette initiative est bénéfique, elle révèle le besoin incontestable d’une approche globale intégrant des mesures de sécurité renforcées pour apaiser les usagers.
Le succès de cette phase expérimentale, qui inclut dix lignes et 2.720 courses nocturnes, ouvre des perspectives intéressantes. Le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke Wa Domene Laku, a même évoqué l’idée d’étendre le service à un fonctionnement 24h/24, ce qui transformerait radicalement la mobilité à Kinshasa.

Un coup de pouce à l’économie de nuit
En plus d’améliorer la mobilité, l’initiative « Bus de Nuit Ya Ofele » a d’importantes implications économiques. En rendant les déplacements nocturnes plus aisés, elle soutient un secteur souvent sous-estimé à Kinshasa : l’économie de nuit. Des vendeuses, comme Redwan Mabunza, témoignent que cette opportunité de déplacer sans contrainte la nuit peut dynamiser les activités commerciales, en particulier pour ceux qui ont des emplois tardifs ou qui approvisionnent leurs stocks.
Les bénéfices pour les femmes sont particulièrement notables. Grâce Lutete, résidente de Kinshasa, a souligné l’importance d’étendre les horaires de service pour permettre aux commerçantes de fufu et d’autres produits de réduire leurs frais de transport. Cette initiative pourrait non seulement accroître leur rentabilité, mais aussi favoriser leur autonomie économique. En effet, la mobilité nocturne peut significativement contribuer à l’entrepreneuriat féminin, souvent freiné par l’insécurité et les coûts excessifs de transport.
De plus, ce programme pourrait encourager des investissements dans des secteurs comme la restauration, les loisirs et les services de sécurité. En instaurant un environnement plus sûr et accessible, Kinshasa pourrait voir émerger de nouvelles opportunités économiques, vitalisant ainsi la ville.

Vers une amélioration continue et des ajustements nécessaires
Malgré l’accueil chaleureux de l’initiative, des critiques et suggestions d’amélioration émergent. Les avis de Kinois, comme Promedie Mabaku, étudiante à l’Unisic, soulignent la nécessité d’une gratuité ciblée selon les horaires académiques. Cela met en lumière l’importance d’adapter ce service aux exigences spécifiques des usagers, en particulier ceux ayant des horaires variés.
Par ailleurs, la question de l’insalubrité à Kinshasa est un enjeu majeur. Les conditions de vie dans certaines zones peuvent dissuader les usagers de profiter pleinement du service. Par conséquent, une approche intégrée qui fusionne amélioration des infrastructures, sécurité et propreté des espaces publics s’avère cruciale pour garantir le succès durable de cette initiative.
En somme, le programme « Bus de Nuit Ya Ofele » constitue une avancée significative pour Kinshasa. Toutefois, il faut poursuivre la réflexion et les ajustements afin de répondre aux divers besoins de la population. Comment cette initiative pourrait-elle évoluer pour devenir un modèle de transport urbain durable et inclusif ? Quelles mesures supplémentaires pourraient être prises pour assurer la sécurité et le bien-être des usagers ? Ces questions méritent d’être explorées pour garantir un avenir meilleur à la mobilité nocturne à Kinshasa.



