C’est désormais officiel. Par décret présidentiel rendu public ce 2 janvier 2026, la Guinée équatoriale a acté le transfert de sa capitale politique de Malabo, située sur l’île de Bioko, vers Ciudad de la Paz (Ville de la Paix), au cœur de la province continentale de Djibloho. Une décision historique qui marque l’aboutissement d’un projet d’État lancé il y a plus de quinze ans et qui redessine durablement la géographie politique du pays.
De Malabo à la terre ferme : un choix stratégique

Jusqu’ici capitale depuis l’indépendance, Malabo présentait une particularité géographique majeure : son insularité. Située sur l’île de Bioko, la ville concentrait le pouvoir politique, administratif et diplomatique, mais posait aussi des contraintes logistiques, sécuritaires et économiques.
En ramenant la capitale sur la terre ferme, au centre du pays, les autorités équato-guinéennes poursuivent un objectif clair : rééquilibrer le développement national, améliorer l’accessibilité et renforcer la cohésion territoriale.
D’Oyala à Ciudad de la Paz, une ville pensée pour l’État

Le projet de la nouvelle capitale a été lancé en 2008 sous le nom d’Oyala. Conçue ex nihilo, la ville a ensuite été rebaptisée Ciudad de la Paz, un nom à forte portée symbolique, traduisant l’ambition de stabilité, d’unité et de projection internationale du pays.
Pendant des années, la cité s’est développée dans une relative discrétion. Les accès étaient strictement contrôlés et il était difficile, voire impossible, d’y prendre des images récentes. Les rares photographies disponibles dataient de plusieurs années, alimentant mystère et interrogations autour de ce vaste chantier national.
Des infrastructures à la hauteur des ambitions

Ciudad de la Paz dispose déjà de plusieurs infrastructures modernes qui en font l’un des projets urbains les plus ambitieux d’Afrique centrale.
Parmi elles figure le Grand Hotel Djibloho, présenté comme l’un des plus grands complexes hôteliers du continent, symbole du positionnement diplomatique et touristique voulu pour la nouvelle capitale.
Autre projet majeur : l’Université d’Oyala, actuellement en construction, appelée à devenir la plus grande université d’Afrique centrale. Elle incarne la volonté des autorités d’inscrire la nouvelle capitale non seulement comme centre politique, mais aussi comme pôle du savoir et de la formation régionale.
Un an pour transférer l’appareil d’État

Le décret présidentiel fixe un calendrier précis : les institutions publiques, l’administration centrale et la Présidence de la République disposent d’un délai d’un an pour transférer l’ensemble de leurs services à Ciudad de la Paz.Un déménagement progressif, mais stratégique, qui va transformer la ville en véritable cœur décisionnel du pays.
Un tournant historique pour la Guinée équatoriale

Le transfert de la capitale constitue sans conteste l’un des projets les plus structurants de la Guinée équatoriale au cours des vingt dernières années. Il traduit une vision de long terme, mêlant aménagement du territoire, souveraineté, modernisation institutionnelle et affirmation géopolitique.
Désormais officiellement déclarée capitale, Ciudad de la Paz devrait s’ouvrir davantage au regard du public et des médias. Les images récentes, longtemps absentes, devraient enfin circuler, révélant l’ampleur réelle d’une ville longtemps construite dans le silence.
Une nouvelle page s’ouvre pour la Guinée équatoriale. Et elle s’écrit désormais à Ciudad de la Paz.



