Résultats préliminaires de l’élection présidentielle de 2025

Un scrutin contesté et des résultats controversés
Les résultats préliminaires de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun ont provoqué une onde de choc dans le paysage politique. Issa Tchiroma Bakary, représentant du Front national pour le salut du Cameroun (Fnsc), a proclamé une victoire, affirmant avoir reçu entre 60 et 80 % des voix dans différents bureaux de vote. Pourtant, cette affirmation a été rapidement mise en doute par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, qui a dénoncé des fraudes et des manipulations.
Sam Séverin Ango, membre du RDPC, a accusé des entités de diffuser de fausses tendances, suggérant que les résultats favorables à Tchiroma étaient fabriqués. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a renforcé ces accusations en condamnant ces pratiques. Dans ce climat tendu, la méfiance envers le processus électoral a augmenté, exacerbée par les déclarations de candidats et d’observateurs soulignant les irrégularités potentielles.
Ces résultats préliminaires, qualifiés par l’écrivaine Calixthe Beyala de « scores à la soviétique », révèlent une inquiétante tendance : la perception d’un scrutin biaisé. Les allégations de fraude, de manipulation des résultats et de pressions politiques pèsent sur la légitimité des résultats, créant un climat de tension et d’incertitude.

Réactions des acteurs politiques et de la société civile
Les réactions des différents acteurs politiques face à ces résultats préliminaires montrent une polarisation grandissante. Joshua Osih, candidat du Social Democratic Front (SDF), a reconnu la victoire de Tchiroma tout en rappelant l’importance de respecter la volonté populaire. Il a également plaidé pour la digitalisation de l’administration publique afin de renforcer la transparence électorale. Cette attitude, bien que conciliatrice, marque une volonté de ne pas passer sous silence les irrégularités passées.
Pour sa part, Akere Muna, candidat du Parti Univers, a évoqué une « nouvelle aube » pour le Cameroun, appelant à l’unité des forces politiques pour promouvoir la paix et le respect des résultats électoraux. Cela souligne la nécessité d’une transition pacifique, mais ouvre aussi la voie à des défis pour instaurer un climat de confiance entre les différentes parties prenantes.
Les observateurs internationaux, tels que le général Sékouba Konaté, ont qualifié le scrutin de « paisible et exemplaire », bien que leur rapport ait été accueilli sceptiquement par de nombreux Camerounais. Ces derniers estiment que les résultats des bureaux de vote ne reflètent pas les déclarations officielles. Cette dichotomie entre les perceptions internes et externes pourrait avoir des implications durables sur la stabilité politique du pays.

Implications pour l’avenir politique du Cameroun
Les résultats préliminaires de l’élection présidentielle de 2025 pourraient constituer un tournant décisif pour le Cameroun. La contestation des résultats par le RDPC et les accusations de fraude pourraient engendrer des tensions sociales, rappelant les crises électorales passées. Les représentants de l’Union pour le changement (Upc) ont déjà appelé le peuple à se mobiliser pour défendre sa victoire, ce qui pourrait inciter à des manifestations et à des actions contestataires.
Parallèlement, cette dynamique pourrait favoriser l’émergence de nouvelles forces politiques, particulièrement à mesure que les électeurs montrent une désillusion croissante face au statu quo. Le journaliste camerounais Bouba Kaela souligne que ces résultats reflètent un profond mécontentement social, alimenté par la crise économique et une gouvernance éloignée des réalités. Cette prise de conscience pourrait inciter les citoyens à revendiquer un changement significatif dans la gestion du pays.
En définitive, les résultats préliminaires de cette élection ne sont pas seulement une image des choix électoraux, mais aussi un reflet des aspirations et des frustrations d’une population en quête de renouveau. L’avenir du Cameroun, tant sur le plan démocratique que social, dépendra de la manière dont les acteurs politiques répondront à cette situation. Le pays est-il prêt à embrasser un changement radical ? Les institutions sauront-elles gérer la contestation et préserver la paix ?




