Impact de la candidature de Maurice Kamto en 2025

Un tournant pour l’opposition camerounaise
La candidature de Maurice Kamto à la présidentielle du 12 octobre 2025 marque un tournant décisif dans le paysage politique camerounais. En tant que figure de proue du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), il a su mobiliser un large soutien, affichant une deuxième place lors de l’élection de 2018. Son retour, soutenu par le Manidem, pourrait catalyser une dynamique d’unité au sein de l’opposition, à l’instar de ce qui s’est produit en 1992 avec Ni John Fru Ndi.
Sa candidature prend un relief particulier dans un contexte où le régime de Paul Biya fait face à des critiques croissantes sur sa gouvernance. Selon le politologue Messanga Nyamding, l’investiture de Kamto pourrait représenter un « coup politique de grande envergure », capable de fédérer les forces d’opposition autour d’un leader charismatique. L’unité de l’opposition est en effet essentielle pour contrecarrer le long règne du RDPC, le parti au pouvoir.
Les récents événements, comme l’éviction d’Abel Elimbi Lobé du Groupe de Douala, soulignent les ambitions de Kamto d’asseoir son leadership incontesté. Cette situation pourrait inciter d’autres partis à rejoindre l’Alliance Politique pour le Changement (APC), renforçant ainsi sa position face à un régime de plus en plus vulnérable.

Les enjeux régionaux et la mobilisation populaire
La candidature de Kamto se distingue également par son engagement envers le Grand Nord du Cameroun, une région souvent oubliée par les gouvernements successifs. En plaçant les préoccupations de ces populations au cœur de sa campagne, il visera à élargir sa base électorale. Selon Séverin Tchokonte, professeur à l’Université de Garoua, un soutien significatif dans cette région pourrait changer la donne lors du scrutin.
La mobilisation des jeunes électeurs à travers les réseaux sociaux constitue un autre axe stratégique. Avec des initiatives comme « Maurice Kamto à la rencontre des Camerounais », il s’efforce d’établir un lien authentique avec la population, renforçant ainsi son image de candidat porteur de changement.
Avec sa volonté de rassembler les forces vives autour de sa candidature, Kamto pourrait transformer le paysage politique en initiant une dynamique d’alternance. Le soutien croissant des acteurs de la société civile et des partis d’opposition pourrait créer une coalition suffisamment robuste pour défier le RDPC, qui a longtemps dominé la politique camerounaise.

Les défis et les perspectives d’avenir
Cependant, la candidature de Maurice Kamto n’est pas sans obstacles. Le régime de Paul Biya a déjà fait part de son opposition à sa participation, invoquant des questions juridiques liées à son boycott des élections de 2020. René Emmanuel Sadi, membre du RDPC, a mis en garde contre d’éventuelles difficultés pour le MRC à présenter un candidat par rapport à cette décision. Cela pourrait compliquer la campagne de Kamto et limiter ses actions.
Par ailleurs, la perception de Kamto comme un représentant principalement de la communauté des Bamilekes pourrait entraver sa capacité à mobiliser un soutien à l’échelle nationale. Des critiques sur son alliance avec le Manidem et des doutes quant à la cohérence de sa stratégie pourraient également ternir sa crédibilité. Mathias Eric Owona Nguini a souligné que cette alliance pourrait masquer des intentions divergentes, remettant en question la légitimité de Kamto.
Malgré ces obstacles, l’impact potentiel de la candidature de Kamto sur le paysage politique camerounais est indéniable. Sa capacité à rassembler l’opposition et à mobiliser le soutien populaire pourrait redéfinir les alliances et ouvrir la voie à une alternance désirée. La question demeure : le peuple camerounais est-il prêt à adopter le changement et à soutenir une nouvelle vision pour leur avenir ?




