vendredi 20 février 2026

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Orenco : le pari structurant d’un État en projection

Le 18 février 2026, à Libreville, la rencontre entre le Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA et la délégation du groupe Wärtsilä n’avait rien d’un simple échange protocolaire. Elle s’inscrit dans une logique de projection stratégique : préparer l’économie gabonaise aux exigences d’une croissance soutenue et d’une urbanisation accélérée.

Derrière le projet énergétique d’Orenco, développé avec Gabon Power Company à Owendo, se joue une équation classique mais décisive pour les États en transformation : pas d’industrialisation durable sans sécurité énergétique.

L’énergie comme instrument de souveraineté

Dans la plupart des économies africaines en mutation, la question énergétique reste le principal verrou structurel. Instabilité du réseau, insuffisance des capacités, dépendance technique : autant de fragilités qui freinent l’investissement et limitent la diversification économique.

En engageant un investissement massif pour renforcer l’offre électrique du Grand Libreville, les autorités gabonaises adressent un signal clair. La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit par l’infrastructure. L’énergie devient ici un outil de stabilité économique et un marqueur de capacité étatique.

Une logique d’anticipation plutôt que de réaction

L’intérêt stratégique du projet réside moins dans la puissance annoncée que dans le moment choisi. Anticiper la demande plutôt que subir la pénurie constitue un changement de posture dans la gestion des infrastructures publiques.

Cette approche traduit une volonté de planification, dans un pays où la croissance urbaine exerce une pression constante sur les services essentiels. L’enjeu dépasse la seule production d’électricité. Il s’agit de garantir un environnement prévisible pour les acteurs économiques.

Un levier pour la transformation productive

Une offre énergétique stable agit comme un multiplicateur de développement. Elle conditionne la compétitivité industrielle, réduit les coûts d’exploitation, améliore la productivité et renforce l’attractivité du territoire.

Dans cette perspective, l’infrastructure en cours de déploiement ne se limite pas à répondre à un besoin immédiat. Elle prépare les conditions d’une économie plus diversifiée, moins vulnérable aux cycles des matières premières et davantage tournée vers la transformation locale.

Entre ambition nationale et crédibilité internationale

Le partenariat avec un acteur industriel international expérimenté confère au projet une dimension de crédibilité technique et financière. Il inscrit également le Gabon dans une dynamique de coopération stratégique, où l’expertise externe accompagne la consolidation des capacités nationales.

Pour l’État gabonais, l’enjeu est double : produire de l’énergie, mais aussi produire de la confiance. Confiance des investisseurs, des opérateurs économiques et des populations dans la capacité des institutions à anticiper et à structurer le développement.

Une infrastructure, un signal politique

Ce projet énergétique constitue un indicateur de trajectoire. Il traduit une orientation politique où l’investissement public dans les infrastructures de base devient le socle de la transformation économique.

Dans un contexte africain marqué par la compétition pour l’attractivité et la stabilité, la maîtrise des fondamentaux, énergie, transport, services essentiels, demeure le premier critère de crédibilité économique.

L’initiative engagée marque ainsi une étape dans la construction d’un État planificateur, soucieux de lier développement économique, stabilité sociale et souveraineté structurelle. L’énergie devient une stratégie.

https://www.agenceecofin.com/actualites-industries/2002-136016-gabon-la-centrale-thermique-d-owendo-vise-desormais-225-mw-d-ici-2028

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