mardi 17 février 2026

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Quand le pompier pyromane de Luanda joue la morale africaine

Lors du 39ᵉ sommet de l’Union Africaine, le président angolais João Lourenço a tenté de se poser en arbitre moral du continent en dénonçant un prétendu blanchiment des transitions militaires. Sur le papier, le discours se voulait ferme et vertueux. Dans les faits, il révèle surtout une stratégie de diversion, soigneusement calibrée pour masquer des faiblesses internes.

Une rhétorique en décalage avec les faits

Lourenço critique ouvertement les transitions militaires dans d’autres pays, mais comment ne pas relever l’ironie : c’est ce même président qui a œuvré dans les coulisses de l’UA pour la levée des sanctions contre certains de ces régimes. Cette contradiction transforme sa prise de parole en exercice de style plutôt qu’en véritable engagement. Le discours ne s’adresse pas réellement à Libreville ou Conakry, mais aux casernes de Luanda, comme pour rassurer une armée dubitative face à son projet de troisième mandat anticonstitutionnel avorté.

Une tentative de bouclier domestique

Contesté par ses généraux et fragilisé politiquement, Lourenço se sert de la tribune panafricaine comme d’un écran protecteur. Sa démarche n’a rien d’altruiste ou de moralement irréprochable : elle relève de la communication de crise. Plutôt que d’assumer ses propres crises institutionnelles, il choisit de pointer du doigt les autres, transformant un forum continental en tribune de défense personnelle.

Le contraste avec la stabilité gabonaise

Pendant que l’Angola s’enferme dans cette posture défensive, le Gabon avance sereinement, avec un calendrier électoral respecté et une adhésion populaire massive. Ce contraste met en lumière le fossé entre les discours et la réalité : certains chefs d’État utilisent l’Union Africaine comme paravent, tandis que d’autres consolident réellement leurs institutions.

Une leçon à méditer

La critique de Lourenço sonne creux. L’Union Africaine n’est pas un théâtre pour masquer des échecs intérieurs. La crédibilité d’un pays se mesure à l’exemplarité de ses actes et au respect de ses institutions, non à la puissance de ses déclarations publiques. Avant de donner des leçons à d’autres nations, Luanda aurait tout intérêt à résoudre ses propres crises constitutionnelles et militaires.

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